I. Paparrigopoulo, Histoire de la civilisation hellénique
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s'étaient inquiétés de ces aberrations et avaient prêché le retour aux formes primitives du christianisme, mais la voix populaire des moines avait étouffé leurs protestations. Ces superstitions grossières n'avaient rien à voir avec Tart, ou plutôt elles Taltéraient et Tavilissaient en même temps que la religion. Aussi, les iconoclastes ne se déclaraient-ils point hostiles en principe à toutes les manifestations de Tart; seules les images sacrées excitaient leur courroux et, pour Justifier leur doctrine, ils rappelaient que, dans la Bible, Dieu luimême les avait prohibées.
En 726, Fempereur Léon Tlsaurien fit paraître un premier édit contre le culte des images sacrées. Il se contentait encore d'ordonner qu^elles fussent suspendues plus haut dans les églises, afin qu'on ne pût les baiser et leur prodiguer ainsi des marques d'adoration matérielles. En 728, il alla plus loin et les supprima. Ces mesures amenèrent des révoltes en Grèce et en Italie, ou le pape Grégoire II se mit à la tête de la résistance. A Constantinople, l'opposition fut surtout vive de la part des moines et de la plèbe ; des émeutes éclatèrent. Sur la porte du palais impérial s'élevait une image du Christ qui était l'objet d'une vénération particulière; Léon voulut la faire enlever. Les femmes qui se trouvaient sur la place accoururent, renversèrent l'oflficier impérial; il fallut dissiper la foule, ce qui amena la mort de quelques personnes, des arrestations et des exécutions.
La lutte devint plus âpre encore sous le règne de Constantin V, fils de Léon l'Isaurien, qui arriva au pouvoir en 741. Les résistances que rencontrait l'em-