‹ L'art byzantinChapitre 59 sur 151 · I. Constantin Porphyrogénète, Vie de Basile le Macédonien · texte numérisé non relu

I. Constantin Porphyrogénète, Vie de Basile le Macédonien

Ch. LXXXIX.

Qu'on se représente maintenant ce palais tel qu'il était aux beaux jours de fête : dans les galeries et les salles, toutes tendues de riches tapis, circule la foule des fonctionnaires aux vêtements éclatants ; ici ce sont encore les gardes de Tempereur avec leurs armes d'or et d'argent, là les ambassadeurs bulgares, russes, arabes, francs, dont les costumes étrangers attirent les regards. Partout retentissent les hymnes, les acclamations, le chant des orgues; puis tout à coup, entouré de ses grands officiers, si resplendissant d'or et de gemmes que l'œil ose à peine se fixer sur lui, apparaît l'empereur. Impassible dans sa majesté souveraine, il s'avance lentement, tandis que la foule s'incline en chantant ses louanges. Quel spectacle à souhait pour les yeux de l'artiste et de l'historien! Et ce n'est point là une description de fantaisie, j'en atténue les traits, loin de les exagérer. Il faut voir, dans le livre de Constantin Porphyrogénète, se dérouler à travers le palais ces immenses processions, étranges mais imposantes, et qui mériteraient de tenter le pinceau d'un peintre d'histoire. En vain parlet-on du luxe des cours asiatiques : Byzance les avait égalées.

Ce palais, que pendant plusieurs siècles les empereurs s'étaient plu à accroître et à embellir, fut cependant abandonné pour une nouvelle résidence, le palais des Blachernes, mieux à l'abri des émeutes populaires. Le juif Benjamin de Tudèle, qui écrivait au xn* siècle, en a célébré les richesses, les murs et les colonnes tout éclatants d'or et d'argent, le trône si chargé de perles et de. pierres précieuses qu'on le voyait resplendir dans

Page 1