LIVRE III. — CHAPITRE III. I
de pieds, la Crucifixion, la Résurrection, Plncrédulité de saint Thomas, PAscension, la Pentecôte. L'édifice actuel paraît dater du commencement du xr siècle, les mosaïques appartiennent à la môme époque ; la valeur en est donc fort grande et on ne saurait assez regretter que des reproductions n'en aient pas encore été publiées ^.
A Nicée, dans Péglise de la Dormition de la Vierge, existent encore des mosaïques qui peuvent remonter également au xi« siècle. Au fond de Tabside principale, la Vierge debout serre contre sa poitrine TEnfani Jésus; sur le grand arc qui en forme Tentrée se développe la composition connue sous le nom à''Hétimasia et qui symbolise le triomphe de l'Eglise céleste. D'autres mosaïques ornent le narthex; à la porte d'entrée figure une Vierge orante d'une remarquable exécution. Une inscription indique le nom du personnage qui fit construire et décorer l'église : Nicéphore Patrice, protosébaste et grand hétériarque^. Ailleurs encore, quelques voyageurs ont indiqué des mosaïques; mais il est inutile d'insister sur des œuvres mal connues et dont on n'a point de reproductions.
Ce système de décoration était aussi appliqué aux monuments civils. Sur les murs de quelques salles de la résidence des Blachernes, Manuel Comnène (ii43- 1180) avait fait représenter ses guerres contre les bar-
1. Diehl. V Eglise et les mosaïques du couvent de Saint-Luc en Livadie, 1889, adonné le premier une description complète et précise de toutes les mosaïques de cette église.
2. Diehl, Mosaïques byzantines de NicéeiBy^antinische Zcitschrift), 1892.
bares*. Comme les palais, comme les églises, les demeures des riches particuliers étaient ornées de mosaïques. Dans répopée populaire de Digénis Akritas, récemment publiée, et qui date du x" siècle, le héros en fait exécuter sur les murs de son château. On y voit des épisodes des livres saints, mais aussi des sujets profanes tels que « les guerres fabuleuses d'Achille, les très cruelles épreuves de deux époux infortunés, Aldelaga et Olopé, leurs merveilleuses aventures, Taudace déployée comreCinnamos; Bellérophon tuant la Chimère qui vomit le feu; la défaite de Darius, les grandes victoires du terrible et courageux Alexandre, la reine Candace, enfin ce qu'on connaît des exploits du roi Alexandre-. »
Quant aux peintures murales, presque toutes ont disparu. C'était un mode de décoration plus rapide, plus économique, mais aussi moins durable. Bien des églises étaient déjà ornées de fresques dont les sujets étaient souvent les mêmes que ceux que traitent encore les peintres byzantins; c'est ainsi que saint Jean Damascène y signale, non point seulement des épisodes de r Évangile et des Vies de saints, mais la représentation du jugement dernier. Pour ne citer que quelques exemples, on sait que, vers 966, près de Sparte, saint Nicon faisait orner une église de peintures qui, disaiton, égalaient les œuvres de Zeuxis et de Polygnote. Dans le uarthex de la nouvelle église construite par