‹ L'art byzantinChapitre 70 sur 151 · LIVRE III. — CHAPITRE m · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE m

Basile, des peintures retraçaient les luttes desmartyrs^ Dans le sud de Pltalie, des explorations récentes ont fait connaître des peintures du x^ siècle qui datent de répoque où la civilisation hellénique dominait dans ce pays. Il en existe aussi dans diverses églises de la Syrie, qui malheureusement n'ont pas été décrites, mais qui seraient du xn" et du xiu" siècle. Peut-être quelques-unes des peintures des chapelles d'Urgub, en Cappadoce, appartiennent-elles aussi à cette période 2.

Du moins possédons-nous des tableaux sur bois qui remontent à cette époque? Quand on visite quelquesuns de nos musées d'Occident, et surtout le musée chrétien du Vatican, on y rencontre des tableaux dont Torigine grecque est certaine, et dont Taspect archaïque, les tons enfumés paraissent indiquer de longs siècles d'existence. Plus d'un archéologue n'a point hésité à les dater, à assigner tel et tel d'entre eux au xi*", au XII* siècle. Je crains qu'il n'y ait là quelque imprudence. En fait de peintures byzantines, il est sage de n'accepter d'autres dates que celles qui s'appuient sur des données certaines, indépendantes du style et de l'iconographie. J'ai vu plus d'un tableau qu'on aurait cru fort ancien, et qui était cependant de date récente.

Parmi les œuvres de ce genre, celles que possède la Sicile mériteraient une étude particulière. Jusque vers

1. Vie de Basile le Macédonien, ch. lxxxv. Il existait aussi des peintures représentant des événements contemporains. (V. celles que décrit Robert de Clari da.nsHopf, Chroniques gréco-romanes, p. 21.)

2. Dichl, Bulletin de correspondance hellénique, 1884 et années suivantes; Rey, les Colonies franques de Syrie, p. 79-80; Texicr, Architecture by:{antine.

le XII* siècle, ce pays est resté à demi-grec. Les habitants achetaient des peintures et des manuscrits byzantins; en 1124, un prêtre léguait à un monastère du Sauveur trois cents manuscrits et un grand nombre damages de cette provenance. 11 est donc probable que quelques-uns des tableaux qu'on voit au musée de Syracuse, à celui des bénédictins de Catane, remontent à cette époque^. Au mont Athos, j'en ai rencontré que des traditions assez plausibles attribuent au xn* siècle. Ces œuvres, dont on tirerait de si utiles renseignements, n'ont malheureusement pas été l'objet d'études méthodiques assez complètes. Il serait intéressant d'en essayer le classement, d'après les inscriptions qui s'y trouvent, et de publier les plus remarquables^.

Il en est quelques-unes que la piété des fidèles a rendues célèbres. Plusieurs églises d'Orient et d'Occident conservent des images de la Vierge dont on entoure l'origine de légendes miraculeuses; certaines sont attribuées à saint Luc, qui, au moyen âge, est devenu le patron des peintres. Elles se prêtent mal à un examen attentif; on ne les livre guère aux regards des curieux, et souvent elles sont couvertes de plaques d'argent ou d'or repoussé qui simulent les vêtements et qui cachent la plus grande partie de la peinture, A en juger d'après les reproductions plus ou moins exactes qu'on en pos-

1. Di Marzo, Délie Belle A rti in Sicilia, Palerme, 1861, t. II, p. 19 et suiv., en a décrit plusieurs.

2. Cependant un savant français, M. J. Durand, a étudié un certain nombre de tableaux byzantins et a fait paraître à ce sujet des articles intéressants. Voy. notamment Bulletin monumental , 1879, p. 537 et suiv.

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