‹ L'art byzantinChapitre 8 sur 151 · LIVRE I. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE I

chroniqueurs byzantins varient) que le choix de Constantin se fixa sur Byzance. Dans Tantiquité, lors de la fondation des villes, on suivait certains rites religieux. Uhistoire de Romulus traçant, avec le soc d'une charrue, l'enceinte de la Rome primitive est bien connue. Un historien du iv" siècle raconte que Constantin lui aussi traça, avec la pointe de sa lance, Tenceinte de la nouvelle capitale ; ilsuivait, disait-il, lesindications d'un ange qui marchait devant lui. Les travaux furent poussés avec une telle activité que, selon un chroniqueur, la consécration de la ville aurait eu lieu neuf mois après. Il est vrai qu'on peut consacrer une ville, aussi bien qu'une église, longtemps avant qu'elle soit terminée. La date de cette cérémonie nous est connue : elle eut lieu le ii mai 33o. Les circonstances qui la signalèrent indiquèrent le rôle que l'empereur assignait à Constantinople : elle devait être une capitale chrétienne, et ce fut aux évêques qu'il confia le soin de la bénir. En outre, « il ordonna par une loi, dit l'historien Socrate, qu'elle fût appelée la seconde Rome. Cette loi fut gravée sur une table de marbre qu'on plaça dans le Stratégion, près de la statue équestre de l'empereur.» Dans le plan de la nouvelle capitale, Constantin s'était préoccupé d'imiter Rome. Comme Rome, Constantinople avait sept collines, et elle était divisée en quatorze régions ; on y trouvait même un Capitole,, Le grand Forum, connu sous le nom d'Augustœon, resta célèbre pendant tout le moyen âge. Peutêtre était-il antérieur à Constantin, qui se contenta de l'embellir. Sur les quatre côtés régnait un portique sous lequel on avait placé des statues. De ce nombre

était un groupe représentant Constantin et sa mère Hélène debout aux côtés de la croix. Ce type est resté traditionnel en Orient, et on Py trouve encore reproduit sur des fresques et des gravures. Sur la place se trouvait aussi une statue d'Hélène portée par un piédestal de porphyre.

Parmi les autres places de la ville, il faut encore citer un second Forum qui portait le nom même de Constantin. Il était rond, disposition assez rare, et entouré d'un portique avec deux absides. Au centre, sur une fontaine monumentale, se trouvaient des sculptures qui se rattachaient à Tart chrétien primitif : le Bon Pasteur, Daniel entre les lions. On sait que Constantin avait choisi ces deux sujets pour la décoration de toutes les fontaines publiques de la ville. Par contre, le reste de la place était orné d'anciennes statues de divinités païennes. Ainsi partout, dans la nouvelle ville, les deux religions se coudoyaient et se heurtaient. Sans s'éloigner de ce Forum, on en trouvait encore une preuve curieuse : sur une colonne de porphyre s'élevait une grande statue de Constantin, la tête couronnée de rayons; mais elle n'avait point été faite à son image: c'était un Apollon qu'on avait enlevé à la ville d'Héliopolis en Phrygie et transformé en empereur chrétien.

Sur les côtés de l'Augustaeon se dressaient quelquesuns des plus beaux édifices de la ville : le palais du Sénat, basilique construite et décorée avec luxe, et le grand palais impérial. Ce dernier, qui en s'étendant toujours devait devenir comme une véritable ville, couvrait déjà au IV* siècle une grande étendue. La royauté orientale, superbe et fastueuse, voulait une demeure

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