F I G 70. — LES SAINTES FEMMES AU TOMBEAU
Plaque en or. (Musée du Louvre.)
d'oiseaux qui chantent; là, des lions en or qui se dressent en rugissant. C'était sous le règne de Théophile l'Iconoclaste que le chef des ateliers impériaux
d'orfèvrerie avait exécuté ces merveilles ; les contemporains en parlent comme d'un illustre savant; d'ailleurs il était parent du patriarche et comptait parmi les personnages de la cour^. On voit par là quelle considération s'attachait à cette branche de l'art. Il serait sans intérêt d'énumérer tous ces' trônes, toutes ces couronnes, tous ces meubles en or qu'à de certains jours on exposait dans les salles du palais; mieux vaut s'occuper d'œuvres dont il est loisible d'apprécier encore la valeur artistique.
Celles qui nous restent peuvent se diviser en deux grandes catégories : les bas-reliefs d'or et d'argent exécutés par la fonte ou par le travail au repoussé, et, d'autre part, les émaux oii le charme des couleurs vient r.'ajouter aux qualités du style et à la richesse de la matière.
Parmi les bas-reliefs une plaque d'or, conservée au musée du Louvre, montre quel était le goût des orfèvres byzantins du ix* ou du x" siècle. Le sujet traité est emprunté à l'évangile; assis près du tombeau du Christ, un ange annonce aux saintes femmes que le Sauveur est ressuscité.
C'est surtout à Venise, dans le trésor de Saint-Marc, qu'on peut juger de l'éclat avec lequel se développait alors cet art. Venise, sans cesse en relations avec l'Orient, achetait à Constantinople les plus belles pièces du mobilier religieux dont elle ornait sa cathédrale. Souvent elle en recevait, à titre de présents^ des empereurs qui désiraient s'assurer son alliance. Plus tard,