‹ L'art byzantinChapitre 98 sur 151 · LIVRE III. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE IV

lors de la quatrième croisade, elle put encore s^enrichir en de'pouillant les e'glises de Constantinople. Pre'cieusement gardées, la plupart de ces oeuvres sont parvenues jusqu'à nous'. Sur presque toutes, les tons variés de Témail rehaussent la splendeur de Tor et de l'argent, mais il en est une qui se distingue par sa beauté et sa richesse : c'est la célèbre Pala d'Oro, qui sert maintenant de retable au grand autel de Saint- Marc.

La Pala d'Oro a été l'objet de bien des descriptions, mais aussi de vives controverses. On ne peut y voir une œuvre homogène, exécutée tout entière à une même époque : elle se compose de parties qui diffèrent par la date et par le style. Sur ce point, tous les savants sont d'accord, mais ils cessent de s'entendre quand il s'agit de déterminer l'âge de ces diverses parties.

Pour se faire quelque idée de l'ensemble du monument, il faut recourir à la description de Labarte, qui l'a étudié à plusieurs reprises et dans de meilleures conditions qu'on ne peut le faire aujourd'hui. « L'ensemble de la Pala d'Oro a la forme d'un rectangle dont la base est de S'^jiS environ et la hauteur de 2"', 10 environ. Elle renferme, encadrés dans de larges bordures, chargées de pierres fines et de médaillons ciselés, quatre-vingt-trois tableaux ou figures d'émail, qui se détachent sur un fond d'or, et qui sont tous cantonnés, soit par des colonnettes, soit par des pilastres enrichis de perles et de pierres fines. Les tympans des arcs qui

I. Labarte, Histoire des arts industriels, t. II et III; Julien Durand, Trésor de l'église Saint-Marc, 1862; Veludo, La Pala d'Oro, trad. Cruvellié, 1887.

ai2 L'ART BYZANTIN.

surmontent les tableaux ou les figures, et tous les champs qui peuvent se trouver entre les émaux, sont couverts d'une prodigieuse quantité de pierres fines, de perles d'une grande valeur (treize cent trente-neuf pierres et plus de douze cents perles) et de petits médaillons d'émail... Cet ensemble est d'un éclat merveilleux et d'une richesse qu'on ne rencontre dans aucun autre monument d'orfèvrerie. »

Les encadrements, les espaces laissés libres entre les émaux ont été souvent restaurés et sont en bien des endroits de style italien. Les émaux, à l'exception d'un fort petit nombre, sont certainement byzantins. Ils se répartissent en deux groupes, ou plutôt en deux tableaux superposés. Dans le tableau supérieur, le centre est formé par un grand médaillon sur lequel se détache en pied l'archange saint Michel. Des deux côtés se groupent six compositions : l'Entrée du Christ à Jérusalem, la Crucifixion, la Descente du Christ aux enfers, l'Ascension, la Pentecôte, la Dormition de la Vierge.

La partie inférieure, beaucoup plus développée en hauteur, présente au centre l'image du Christ assis sur le trône. Autour, quatre petits médailions sont occupés par les évangélistes. Sur les côtés, au-dessus et audessous, de nombreuses figures d'anges et de saints escortent le Sauveur et forment la cour céleste. Enfin, dans la bordure supérieure et dans les bordures latérales, se déroulent des scènes évangéliques et des épisodes de la vie de saint Marc.

Par le style, par la finesse de l'exécution, ces émaux rappellent tout ce qui a été dit déjà des autres œuvres

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