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LE PLAN EN CROIX GRECQUE

Fig. 16. — Coupe et plan de l’église de Daphni (Grece). Fin du x1® siécle. Le tambour de la coupole repose sur 4+ trompes d’angie et 8 piliers. Malgré ce tambour la coupole a encore l’aspect aplati (fig. 15) qui disparaitra complétement durant la derni¢re Renaissance (/ig. 18).

L’Arménie. — Le deuxiéme Age d’or a vu s’élever de nombreuses petites églises en Arménie. L’arc brisé y est souvent employé et les facades sont décorées d’arcatures plein-cintre ou en fer 4 cheval. Une des

particularités des églises arméniennes a4 partir du

Fig. 17. — glise de Wagbarchapat (Arménie);

IX siécle réside dans la forme conique donnée aux toitures (fig. 17). Une autre particularité consiste en un porche accolé a la facade (fig. 17) et couronné par un clocheton octogonal. A lintérieur, les églises sont voutées en berceau brisé avec arcs doubleaux ; en outre, il y a concordance absolue entre les supports et les arcs. Les principaux édifices sont la cathédrale d’Ani, les églises de Trébizonde, d’Etschmiadzin, de Dighour, de Samthavis, de Marmaschen.

Le mont Athos. — Les églises monastiques élevées au deuxiéme Age d’or sur le mont Athos forment un groupe a part. Leur plan est la croix grecque, mais a branches courtes ; il est appelé plan

LE PLAN EN CROIX GRECQUE Pie IAL

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Photo Alinari

Nef, chceur et abside de la cathédrale de Monreale (Sicile). Fin du x1r® siécle. Plan latin des basiliques. Décor byzantin de marbres multicolores et de mosaiques.

triconque (4 3 absides) ; les deux bras nord et sud de la croix se terminent par une abside demi-circulaire. La principale église monastique est celle de Lavra ; il y a lieu de citer celles d’Iviron et de Vatopedi.

La Sicile. — L’école siculo-normande mérite l’attention ; elle est la résultante de trois influences différentes : byzantine, normande, musulmane. Dans la derniére moitié du XIe siécle, les rois normands s’installent en Sicile aprés l’occupation byzantine durant trois siécles et l’occupation musulmane durant deux siécles. Les rois normands confient la construction des édifices 4 des architectes fran¢ais et la décoration a des maitres byzantins et musulmans ; il en est résulté un groupe d’édifices extrémement curieux qui datent tous du XII°¢ siécle : les églises de Cefalu, de Monreale, la Martorana, la chapelle Palatine a Palerme. Cette école dont le foyer est 4 Palerme a rayonné dans toute I’Italie. A Cefalu, lVinfluence de l’art roman de Normandie est manifeste et on y reconnait exactement les mémes corniches, les mémes archivoltes que dans les églises de Caen. La chapelle Palatine 2 Palerme est peut-étre le chef-d’ceuvre de cette école. A l’art normand, elle emprunte le plan basilical a 3 nefs ; a4 l'art musulman, elle emprunte les incriptions arabes, l’arc brisé et le décor en stalactites du plafond (Pl. IV, ST) ; a l’art byzantin, enfin, elle doit les coupoles sur trompes d’angle et les mosaiques a fond d’or, les revétements muraux en panneaux de marbre.

L’église de Monreale (P1. III) a ses absides voi tées et sa nef couverte en charpente. L’arc brisé, comme a la chapelle Palatine, est l’arc brisé outrepassé de l'art musulman. A l’extérieur, les facades sont couvertes d’arcatures entre-croisées (motif de décoration musulmane). La Martorana est peut-étre la plus byzantine des églises siculo-normandes : son plan est en croix grecque et le décor des mosaiques est l’ceuvre de maitres grecs ainsi que l|’attestent les inscriptions et l’iconographie.

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Chapelle Palatine, a Palerme (Sicile), achevée en 1143.

Le chef-d’couvre de l’art siculo-normand. On y constate 3 influences différentes. Influence occidentale : colonnes corinthiennes a chapiteaux dorés sur flits de granit. Influence musulmane : plafond décoré de stalactites (S T.) Influence byzantine : mosaiques a fonds d’or et murs décorés de marbres multicolores incrustés d’émaux.

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