I. Cf. Marco Polo, ch. cxxiv
pris la représentation plastique des divinités, Padora-
tion des idoles et la plupart de leurs pratiques rituelles.
Les statues de Lao-tse et des huit immortels
(voy. p. 60) remplacent celles de Bouddha et de ses dis-
MOSQ.UEE, DANS tA VILLE IMPERIALE, A PEKIN.
ciples. Les flambeaux, brùle-parfums et autres objets du culte portent les symboles du taoïsme.
Les mosquées. — Ainsi que nous Pavons vu plus haut (p. 74), le mahométisme compte en Chine, à côté du confucianisme, du taoïsme et du bouddhisme, de nombreux adeptes, 20 millions environ.
De même que pour les temples bouddhiques, rien dans les mosquées chinoises n^indique à Textérieur Porigine étrangère du culte auquel elles sont affectées.
L'ARCHITECTURE. 123
Elles sont de style chinois; seuls, quelques détails de la décoration révèlent la religion qu'on y professe. Des inscriptions tirées du Coran et écrites en caractères arabes, ouïgours ou turcs-djagataï, servent de motifs ornementaux ; ces inscriptions sont généralement les mêmes que celles qui figurent dans les mosquées de l'islam occidental : La ila lii il allah. (Il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu.) Et La ila la allaW a:[ii. (11 n'y a que Dieu qui soit infiniment haut), etc.
A l'intérieur, les mosquées sont divisées en cinq nefs par trois rangs de piliers de bois. A l'extrémité de la nef centrale est le Mirhab, ouang-yu-lo.
Généralement, il n'y a pas de minaret dans les mosquées chinoises; le muezzin annonce la prière à la porte d'entrée.
A côté de la mosquée proprement dite s'élèvent des bâtiments qui servent de logement aux mollahs [mania)^ à l'iman, au muezzin et au katib. Dans la même enceinte se trouve aussi une école où les Jeunes musulmans qui se destinent au culte étudient, sur des textes arabes ou persans, les livres sacrés de leur religion.
Les mosquées, dont le nom chinois est Li-paï-sse « temples des cérémonies rituelles », sont nombreuses dans l'Empire du Milieu. La plus ancienne est celle du « Saint-Souvenir », à Canton. Construite en 629 par Saad-ibn-abou-Ouaccas, oncle maternel de Mahomet, qui vint prêcher l'islamisme en Chine, elle a été incendiée en 1341, réédifiée peu de temps après, puis complètement restaurée en 1699.
On compte environ 20,000 familles mahométanes (soit de 60,000 à 80,000 individus) et 1 1 mosquées
à I^ékin. Les musulmans de cette ville ont à peu près le monopole des boucheries et des bains publics. L'enseigne de leurs boutiques est généralement surmontée d'un croissant.