BAS-RELIEF DE HIAO-TANG-CHAN
ri^ SIECLE AV. J.-C-
évidemment postérieures, par le style et le caractère
I. Ces sculptures existent encore, en parfait état de conservation. Un voyageur anglais les a vues, en décembre iS86. Cf. The Chinese recorder, xviii; 3.
ij6 L'ART CHINOIS.
de Texécution, à celles de Hiao-t'ang-chan et furent sculptées sans doute sous les derniers souverains de cette dynastie, c'est-à-dire vers le ii^ siècle après J.-C. Les sujets traites appartiennent également soit à la légende, soit à Thistoire.
A en juger par ces spécimens, la sculpture chinoise, du ir siècle avant J.-C. jusqu'au iii^ siècle après J.-C, en était encore aux premières formules de l'art plastique, aux procédés et aux conventions qui caractérisent chez tous les peuples la sculpture archaïque.
De là vient sans doute la ressemblance qu'offrent, à première vue, quelques-unes des œuvres reproduites dans le King-che-so avec certains bas-reliefs de l'art chaldéo-assyrien. Il y a entre telle sculpture de Hiaot'ang-chan et tel fragment de Khorsabad un air de parenté qui pourrait faire croire à une communauté d'origine et d'inspiration, si le contrôle des dates n'interdisait un pareil rapprochement. Nous avons cru pouvoir admettre, en effet, que des influences venues de la Ghaldée, de la Susiane ou de l'Assyrie, s'étaient exercées jadis sur l'architecture chinoise. Mais les monuments où ces influences étaient saisissables remontaient authentiquement au x« siècle avant notre ère, c'està-dire à une époque où les civilisations de Ninive et de Babylone étaient encore vivantes et florissantes. En ce qui concerne les sculptures chinoises, au contraire, les plus anciennes qui nous soient connues ne sont certainement pas d'une date antérieure au ir siècle av. J.-C. Or Ninive était détruite alors depuis plus de 400 ans, et Suse était un monceau de ruines; quant à Babylone, nous savons qu'elle était déserte lorsque Stra-
LA PIERRE SCULPTEE.
bon la visita, précisément à l'époque où les Han régnaient en Chine. Notons, en outre, que si les artistes de TEmpire du Milieu avaient cherché à imiter les œuvres
>A s- RELIEF DE HIAO-t'ANCCHAN.
il i;CL E AV. J. -c.
chaldéo-assyriennes, il est vraisemblable quMls auraient essayé de copier les sculptures savantes de la période classique, celles du palais d'Assourbanipal, par exemple, et non les œuvres imparfaites de Tépoque archaïque. Aucun texte d'ailleurs, dans les auteurs chinois, n'indique cette source d'inspiration. Dans ces conditions, et tant
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que l'archéologie de l'Empire du Milieu ne sera pas établie sur des documents plus nombreux, plus anciens et mieux critiqués, il nous paraît impossible d^admettre que la sculpture chinoise procède de celle qui, cinq ou six siècles auparavant, était arrivée à son complet développement, à Toccident de PAsie.
Les caractères communs que présentent certaines figurations plastiques de ces deux civilisations, qui furent si éloignées dans le temps comme dans Tespace, proviennent de cette loi qui impose à tous les arts naissants les mêmes procédés et les mêmes conventions, parce que, dans son inexpérience, Tesprit humain, à son éveil, est soumis aux mêmes conditions, a partout les mêmes ressources et les mêmes exigences expressives. En tout pays, en effet, Tartiste placé pour la première fois en présence de la forme vivante qu'il veut reproduire, rencontre les mêmes obstacles. La transformation en une image plane de la vision réelle et palpable qu'il a dans les yeux, les effets de la perspective, ceux des ombres et de la lumière, la réduction ou l'agrandissement proportionnels de toutes les parties du modèle, cent autres considérations encore l'embarrassent, sinon l'arrêtent à ses débuts. De là, une série de conventions et d'artifices formant un minimum indicatif dont toutes les civilisations archaïques se sont contentées.
Et d'abord, c'est presque toujours de profil que la figure humaine a été reproduite : la silhouette est, en effet, nette et aisément saisissable. Aussi, presque tous les personnages des bas-reliefs du Chan-tong sont aperçus de côté. La représentation des deux moitiés
LA PIERRE S C a L P T t; E.
symétriques de la face est trop difficile encore : on ne la tente que pour le personnage principal du sujet, pour le roi ou pour la figure qui est le centre de la composition. Souvent aussi, comme dans les bas-reliefs égyptiens, Poeil est dessiné de face dans un visage de profil : le raccourci de Toeil vu de côté est trop compliqué à rendre. Les animaux sont représentés également de