‹ L'art chinois (volume 2)Chapitre 49 sur 107 · REIIEF DE OU-LEANG-TSE · texte numérisé non relu

REIIEF DE OU-LEANG-TSE

Il'' SIÈCLE A P. J.-C.

profil; mais quelques têtes de chevaux sont traitées de face, le corps restant de côté. De même encore, lorsque le sculpteur chinois veut montrer un ensemble de personnes ou d^objets disposés sur un plan horizontal, il les superpose verticalement. Cependant il y a çà et là quelques essais heureux de perspective : ainsi, dans les attelages du cortège du grand Roi. Comme les Egyptiens et les Assyriens aussi, Tartiste chinois, pour marquer la supériorité hiérarchique ou morale d'un personnage dans sa composition, lui a généralement attribué

une taille plus haute, une plus large stature qu'à ceux qui l'entourent.

Il n'y a pas d'expression dans les physionomies : les sentiments des personnages ne se traduisent que par les gestes. Enfin, il y a peu de variété dans les attitudes, elles sont indéfiniment répétées.

On constate dans toutes ces œuvres primitives une ignorance absolue du corps humain, de ses proportions, de son modelé, de sa beauté formelle. Les artistes chinois n'ont pas la vision nette de la forme nue; non pas qu'ils n'aient occasion de la voir, les gens du peuple vivant et travaillant presque sans vêtement pendant les chaleurs accablantes des étés de Chine, mais sans doute parce que le sens plastique leur fait défaut. Cependant les animaux, les chevaux principalement, sont assez bien saisis dans leur physionomie particulière, dans leur attitude ou leur allure.

Nous arrivons enfin au fait capital de l'histoire de l'art en Chine : l'introduction du bouddhisme. Nous avons vu, au chapitre précédent, l'influence considérable que, du vr au vu* siècle après J.-C, l'introduction de cette religion et l'importation des statues sacrées de l'Inde avaient eue sur l'art du bronze. A l'origine, cette influence ne fut pas moindre sur la sculpture lapidaire.

Il semble, en effet, que les idoles bouddhiques rapportées du Népal et du Pendfab parles pèlerins chinois inspirèrent aux sculpteurs de l'Empire du Milieu leurs premières statues. Jusque-là, ils n'avaient traité, dans la pierre, que le bas-relief, et un bas-relief sans saillie, sans modelé : ils ne s'étaient pas essayés à la ronde

LA PIERRE SCULPTF:e.

bosse, qui dégage complètement et affranchit, pour ainsi dire, Teffigie de sa paroi de pierre; ils n'avaient pu s'élever Jusqu'à la statue.

C'est ainsi que les plus anciennes statues qui soient connues en Chine sont la représentation des divinités

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