‹ L'art chinois (volume 2)Chapitre 98 sur 107 · I. Cf. Mayers, The Chinese reader's Maniial · texte numérisé non relu

I. Cf. Mayers, The Chinese reader's Maniial

négligé de nous donner aucun renseignement sur le genre de leur peinture, ni sur les procédés qu'ils employaient.

Sous la dynastie des Thsin, vers l'an 25o av. notre ère, on savait peindre sur des tablettes de bambou et sur des tissus de soie fine, dont le prix était encore fort élevé. C'était, sans doute, sur des panneaux de soie qu'étaient peints ces dragons et ces phénix que Lie-jr offrit à l'empereur Che-hoang en 221. C'est la première mention qui soit faite « d'images peintes». Il ne s'agissait plus seiflement de dessins traités à l'encre de Chine, mais de véritables peintures de couleurs.

Pendant le 11* siècle av. J.-C, la peinture chinoise réalisa un progrès considérable : pour la première fois, elle chercha à représenter la figure humaine. Il semble qu'elle ait réussi très vite à donner à ses figures une certaine expression de vie. En tout cas, l'impression produite par les premiers portraits fut si vive qu'on attribua à une influence magique l'imitation de la réalité vivante. On raconte, en effet, que, l'empereur Han-wou-ti (140-86 av. J.-C.) ayant commandé le portrait de sa concubine favorite, dont il déplorait la perte, des magiciens animèrent ses traits et donnèrent à son image tous les accents de la vie.

Suivant quelques auteurs chinois, ce ne serait que cinquante ans plus tard environ , sous l'empereur Yuan-ti, des Han (48-32 av. J.-C), qu'aurait été tentée la première représentation de la figure humaine, et l'honneur en reviendrait à Mao-yen-choii. Il n'est fourni aucune indication sur les œuvres de cet artiste.

aS4 L"ART CHINOIS.

■ Au cours du i" siècle de notre ère, une invention fut réalisée qui mit à la disposition des peintres de précieux moyens d^étude et de composition : le papier fut inventé. Ce n^était d'abord quMne pâte imparfaite, d'une consistance insuffisante, appelée /zo-?/; mais, en Tan io5, Ts'aï-louen parvint à fabriquer avec des fibres végétales un produit qui avait toutes les qualités du papier dont on se sert encore en Chine ^

Dès lors, le goût et la pratique de la peinture se répandirent avec rapidité parmi les Chinois des hautes classes. Ceux qui s'y livraient n'étaient pas exclusivement des artistes, c'étaient des lettrés, des philosophes, des hommes d'Etat, qui s'y adonnaient comme à une occupation supérieure, digne des loisirs des esprits élevés, intimement liée à la culture littéraire, excellente à affiner la pensée et à lui fournir des moyens d'expression délicats et variés.

Tel fut Tsaï-yong^ smv nommé Po-Ki aï (i5o ap. J-C), qui était à la fois grand fonctionnaire, homme de lettres, musicien, peintre et poète ; tels furent aussi LioupaOj gouverneur d'une province, sous le règne de Hengti (i58-i6i), qui excellait dans la peinture des « nuages chassés par le vent du nord », et Tchou ko-leang, surnommé K'ong-ming, généralissime des empereurs Han (23o apr. J.-C), qui cherchait à rallier à sa cause les chefs des pays conquis, en leur montrant les peintures qu'il avait faites des cérémonies et des coutumes

I. Cf. A. Wylie. Notes on Chinese littérature. — Cependant, d'après quelques auteurs chinois, le secret de fabriquer le papier aurait été découvert par Moung-tien, général de Thsin-chihoang-ti. (210 av. J.-C.)

chinoises. Tel fut enfin Tsaofou-hing^ (240), dont les dragons et les phénix semblaient d'une rcaliié saisissante.

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