‹ L'art chinois (volume 2)Chapitre 99 sur 107 · ÉPOQUE · texte numérisé non relu

ÉPOQUE

DEPUIS l'introduction DU BOUDDHISME JUSQu'a LA DYNASTIE DES THANG (35o-6 1 S AP. J.-c] ^

Nous avons montré plus haut, dans le chapitre consacré à l'étude des bronzes, les conséquences capitales qu'a eues pour l'art chinois l'introduction du bouddhisme indien. En apportant dans l'Empire du Milieu, qui jusqu'à ce jour était demeuré presque complètement fermé aux influences extérieures, des idées et des aspirations nouvelles, en y introduisant du même coup les monuments figurés d'une esthétique toute différente, la religion bouddhique renouvela la face de l'art en extrême Orient.

Les peintures et les stîftues rapportées de l'Inde furent une révélation pour les artistes chinois. Un monde inconnu jusqu'alors s'ouvrit pour eux : la réalité physique et matérielle, qu'ils interprétaient avec tant de peine et si imparfaitement, n'était donc pas le seul but de l'art; on pouvait traduire les sentiments humains, les passions du cœur, faire passer dans une œuvre

1. Cf. Mayers, The chinese reader''s Manual, 760. Tsao touhing fut connu au Japon sous le nom de So-futsii-ko. Cf. Andersen, Catalogue of Japanese paintings, p. 482.

2. En ce qui concei'ne la date de l'introduction du bouddhisme en Chine, voy, supra, p. iSi, note i.

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peinte ou sculptée un redet de cette flamme intérieure, de cette vie intime qui est Tâme des êtres.

Il faut se reporter aux historiens contemporains pour se rendre compte de la grandeur du mouvement religieux qui s'empara des consciences chinoises, à partir de Pan 25o environ, et pour comprendre ce qu'il y eut de piété fervente et sincère, de mysticisme délicat et élevé, de foi enthousiaste et naïve chez les premiers adeptes du culte indien. Dix siècles plus tard, les âmes en étaient encore imprégnées ^

On se borna d'abord à copier fidèlement les spécimens d'iconographie religieuse rapportés du Pendjab et du Népal par les prêtres indiens et les pèlerins chinois.

Le plus souvent, c'étaient les religieux indiens eux-' mêmes qui exécutaient ou corrigeaient les œuvres destinées à la décoration des temples nouveaux.

Aussi ne relève-t-on que peu de noms chinois sur les compositions bouddhiques du iv'' siècle. L'artiste qui parvint à la plus grande réputation dans ce genre et à cette époque est Ouei-sie (3i5 ap. J.-C.) : c'est, dit-on, le premier peintre chinois qui ait signé une peinture bouddhique : son chef-d'œuvre représentait « les sept Bouddhas ».

Il fallut près d'un siècle encore pour que le bouddhisme produisit une influence décisive sur la peinture chinoise, renouvelât les traditions et formât des écoles nationales. La création des monastères boud-

I. Pour les renseignements bibliographiques sur l'établissement et l'influence du bouddhisme en Chine, nous renvoyons aux notes du chapitre des bronzes.

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