CORNET
de porcelaine blanche opaque
(PÉRIODE YOUNC-TCH1NC,
«78J-1 7} 6.) (Collection de M. S. Bing.)
LA CERAMIQUE.
raie, consiste seulement dans une dégradation des épaisseurs de l’émail... Au fond, cette peinture, la vraie peinture de la porcelaine, est, pour ainsi dire, de la gouache translucide. »
3° Les porcelaines flambées. — On fabriquait déjà au xme siècle des vases dont les couvertes de grand feu prenaient au four, par le hasard de la cuisson, des colorations étranges et puissantes. On les nommait Yao-pien, « porcelaines de transmutation », pour signifier que, soumises au feu, elles se transformaient, se transmutaient, pour ainsi dire, en une matière aux tons chatoyants, aux veines irisées et diaprées, semblable à de l'agate, à du jaspe, à du porphyre, à des pierres précieuses en fusion. Ces aspects différents de la couverte s’obtenaient par l’introduction rapide de courants d’oxygène dirigés sur la pièce pendant la cuisson. Il y fallait un tour de main hardi, une rare justesse de coup d'œil, une pratique consommée : sur dix essais, c’est à peine ,si un seul réussissait.
Il semble que le secret de la fabrication des Yao-pien se soit perdu pendant plusieurs siècles, car on n’en signale pas dans les périodes Siouan-te, Tching-hoa et Ouan-li, c’est-à-dire du xv' siècle jusqu’à la fin du xvn*. Dans les dernières années du règne de Khang-hi, on recommença d’en confectionner1; mais la technique n’en fut parfaite que sous Kien-long. En vrais coloristes, les céramistes chinois ont cherché à copier tous les produits de la nature qui leur otfraient des tons riches et chatoyants, et ils ont été choisir des modèles dont les ar-
i . Voy. à la p. 2o3 le vase Hambé de la collection deM. L. Gonse.
tistes occidentaux n’auraient jamais songe' à s'inspirer. C’est ainsi que l'auteur du Kïng-te-tchin-iliao-lou nous apprend qu'il y avait des émaux couleur « d'aubergine », kia-hoa-tse-yeou, — de « foie de mulet », lo-kan-yeou, de « poumons de cheval », « ma-feï-yeou », etc.
Les beaux flambés ont des colorations rouge sombre, pourpre vineux, violet foncé, bleu lapis, vert émeraude, dont les reflets sont imprévus, changeants et capricieux; des gouttelettes d'oxyde restent Agées sur la couverte : on dirait que des coulées d'émail débordent sur les parois du vase, et les flammes qui l’ont léché dans le four y semblent visibles encore.
4° Les porcelaines d’exportation. — Nous rattacherons, pour ordre, à la période Kien-long trois catégories de porcelaines qui, fabriquées exclusivement pour l’exportation, ont reçu une forme ou une décoration particulière, suivant le goût ou les besoins des peuples auxquels elles étaient destinées.
Telles sont d’abord les Porcelaines à Mandarins. Elles sont ainsi nommées parce qu’elles représentent des scènes historiques ou familières ou Agurent, avec les attributs et insignes de leur costume ofAciel, des fonctionnaires de la dynastie de Thsing. Les plus anciennes pièces, qui datent de la An du règne de Kang-hi, sont composées de réserves occupées soit par le sujet principal, soit par des oiseaux et des fleurs en camaïeu rose ou noir, et d'un fond semé de rinceaux et de filigranes d'or, ou gaufré avec de Anes dentelures en bleu sous couverte. Ces porcelaines jouirent, dès qu'elles apparurent en Europe, d’une telle vogue que, pour satisfaire aux commandes, la confection en dut être
LA CERAMIQUE.
négligée : les décors furent dès lors sans charme, sans originalité, les colorations mal combinées, crues et criardes, l’ensemble sans intérêt, sans valeur artis-