‹ L'art chinoisChapitre 87 sur 106 · SB · texte numérisé non relu

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chinoise, et quand cette pensée, arrivant chaque jour à une conscience plus nette de soi-mème, chercha à s'exprimer, elle recourut à deux moyens d’expression, la littérature et la peinture.

Les couvents bouddhiques devinrent ainsi une grande école d'art : comme les moines italiens des xiv» et xv siècles, les bonzes chinois s'adonnaient à la peinture pour traduire les sentiments de piété qui débordaient en eux, pour céder à l'élan de leur cœur. S’inspirant des modèles apportés de l’Inde par les premiers pèlerins, ils illustraient, sur de longs rouleaux de soie, la vie légendaire du divin Bouddha, telle que la leur faisaient connaître le Lotus de la bonne loi , le Maha Prajna paramita ou le Lalistavistara : c’était la naissance de Çakya dans le jardin de Loumbini, à l'ombre d'un plaksha, en présence d’Indra, roi des Dieux, et de Brahma, maître des créatures, — sa longue retraite à Ourouvilva, où se révélèrent à lui les Quatre Vérités sublimes et l’Enchaînement connexe des causes, — son avènement à l’état de Bouddha accompli sous le tiguier de Bodhimanda, — sa grande prédication à Bénarès ou, pour la première fois, il fit tourner la roue de la Loi, — ses luttes contre les Brahmanes, — ses miracles, — enfin sa mort à Kouçinagara, et la crémation de son corps sur un bûcher de santal et d'aloès, en présence des Dêvas et de ses disciples. Ils représentaient encore, sur leurs soies peintes, les deux bouddhiques, les enfers, le paradis de Brahma, le royaume merveilleux d’Amitabha où la nature n’est qu'or, argent, corail, pierreries et fleurs, le pays enchanteur des montagnes de Wou-t’aï où les choses et

LA PEINTURE

les êtres ne sont jamais souillés par le contact du monde terrestre, etc.

Dans ces premières peintures, un sentiment religieux exquis se manifestait : c’étaient des œuvres de foi presque autant que des ouvrages d’art. Une âme nouvelle apparaissait en Chine.

La liste serait longue de tous les artistes pieux qui fixèrent ainsi sur la soie les beaux songes mystiques ou s’égarait leur pensée, les apparitions divines qu’aucun ancêtre de leur race n’avait jamais entrevues. Ceux à qui leurs œuvres ont mérité la plus durable renommée furent Yang ki-te (480 environ ap. J.-C.),

— Mdra Bodhi d’origine indienne, qui avait pris le nom chinois de Mn-lo-p'ou-ti (vers 520), — Tsao tchqngta , originaire du royaume de Tsao (Boukhara) (56o), — Dharma-koitkcha (en chinois T’an-mo-tcho-tcha ) (5 80) 1 2 ,

— Bhikchu Bhatchina surnommé le grand Oueï-clie (58o), — Câkya Bouddha (en chinois, Che-kia-fo-to) (600), etc.

Dans les monastères taoïstes, un seul artiste se distingua, T'ao hong-king , surnommé T'ao-ming et Tong-ming. Il avait été précepteur de l’empereur Kaoli, de la dynastie des Tsi méridionaux; mais il prit bientôt en dégoût la vie de cour et les honneurs officiels, se retira comme ermite dans une grotte des monts Keou-kiu et fit l’admiration de ses contemporains par la piété de sa vie, la noblesse de ses enseigne-

1. Ce moine était aussi sculpteur: il sculpta douze saints bouddhiques pour la pagode dite du roi Açoka, Ta-che-ssc, dans le Sse-tchouen.

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