‹ L'art chinoisChapitre 88 sur 106 · Bhikcliu signifie moine mendiant · texte numérisé non relu

Bhikcliu signifie moine mendiant

aôo L'ART CHINOIS.

mcnts et le sentiment élevé de ses créations artistiques.

A côté des peintres religieux, d’autres écoles se formaient. Sans délaisser les autres genres, toutes ces écoles s’essayaient aussi à traiter les sujets pieux et concouraient à la décoration des temples bouddhiques. Pendant tout le cours de la période que nous étudions, c’est-à-dire depuis la tin de la dynastie des Han (265 ap. J.-C.) jusqu’à l’avènement de celle des Thang (6 18>, nous relevons, en dehors de l’école religieuse, environ cent cinquante noms de peintres réputés célèbres par les auteurs chinois. La rareté excessive des documents qui restent de cette époque ne nous permet pas de définir directement le style des œuvres qui virent alors le jour. Mais il semble résulter du témoignage des critiques d’art chinois qui, vivant à des époques moins éloignées, en ont eu sous les yeux de nombreux spécimens, que les qualités de touche étaient les plus appréciées.

A côté des sujets bouddhiques, les peintres traitaient le portrait, les animaux et le paysage.

Aux v1' et vic siècles, les écoles sont, chaque année, plus riches de peintres qui semblent chercher leur voie en dehors de l’art religieux. Tels sont les paysagistes Siu-lin (420) et Yuan-kong (ou Yuan-tsing ); le portraitiste Lou fan-we'i (460), qui fit le portrait de l’empereur Hiao-\vou-ti, celui de Ming-ti, et ceux des principaux guerriers ou hommes d’Etat de son temps; Sic tchouan-tse (466), surnommé Hi-yi , dont les chasses au tigre étaient célèbres, etc.

La peinture bouddhique est représentée, parmi les peintres demeurés dans la vie civile, par Tchang seng-

LA PEINTURE

yeou , qui fut connu au Japon sous le nom de Cho-soyu. Il était membre du conseil privé de l'empereur Wou-ti (5o2-55o), qui le chargea de décorer les pagodes impériales. Quarante ans plus tard environ, Yang ki-tan, maître des cérémonies au palais, se fit remarquer aussi dans le genre religieux.

DE LA DYNASTIE DES THANG A LA DYNASTIE DES SOU N G (fi 18-060)

A l’avènement de la dynastie des Thang, on commence à distinguer dans la peinture chinoise deux grandes écoles, celle du Nord et celle du Midi. Il semble que ce ne soit pas la différence des styles qui, à l’origine, ait fait établir cette distinction, mais bien plutôt l’origine des peintres, selon qu’ils exerçaient leur art dans les provinces septentrionales ou méridionales de la Chine : ces deux parties de l’empire ayant eu chacune, et à plusieurs reprises, ses dynasties propres et ses destinées politiques indépendantes, demeurèrent longtemps séparées, sinon par le fond des idées, du moins par la tournure de l’esprit et par certains côtés du caractère. En peinture , l’école du Midi laissa à l'inspiration de l'artiste plus d’indépendance et de fantaisie; elle admit plus de liberté dans la facture, une observance moins étroite des formules classiques, peut-être même une certaine tendance vers la naturalisme; l’école du Nord, au contraire, maintint la tradition du style académique et exigea des peintres

une maîtrise sévère du pinceau. Cette dernière école paraît avoir bientôt dominé sa rivale et fait régner dans la peinture chinoise l’unité des principes.

A l’école du Midi appartient Ouang-oucï , surnommé Ouàn-mo-kie 1, qui fut un des artistes les plus originaux de la Chine. Né vers le milieu du vne siècle, il était à la fois peintre, poète, musicien et érudit; il avait meme étudié les sciences physiques. En peinture, il était, avant tout, paysagiste : les aspects de la nature lui donnaient des impressions vives et délicates, qu’il notait en vers quand le pinceau ne suffisait pas à les traduire dans la juste nuance de leur poésie. Il était frappé surtout par les effets de la lumière et de l’atmosphère, par les tons adoucis et vaporeux des fonds, par les colorations mystérieuses des lointains qui s'enfuient. Le recueil du Kiai-tse-yuan, qui fut composé en 1670, nous fournit différents spécimens de la façon dont peignait Ouang-ouei. Ces reproductions sont trop grossières pour nous permettre de juger les oeuvres du maître; nous y reconnaissons seulement une touche sûre, franche, avec de la douceur cependant et une grande liberté.

Ouang-ouei était si passionné de son art et si confiant dans sa manière qu’il crut devoir formuler par écrit ses conseils à ses élèves. Dans le mémoire qu’il composa à cet effet et qu’il intitula Ouang-ouei-chanchoui-louen, il appelle l’attention des artistes sur la nécessité de renoncer aux anciennes formules pittoresques et de peindre à l'effet; il leur donne en

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