‹ L'art chinoisChapitre 93 sur 106 · Cf. Edkins, Chiitese Buddliism, ch. vi · texte numérisé non relu

Cf. Edkins, Chiitese Buddliism, ch. vi

plus de talent, sans doute, que dans les peintures du vic siècle, une facture plus distinguée, une composition plus savante, des fonds de paysage plus heureusement traités; mais le sentiment délicat et sincère, la piété naïve, la suavité mystique qui faisaient le charme inexprimable des œuvres primitives ne s’y retrouvent plus.

D’ailleurs, la peinture de paysage, la peinture de fleurs et d’animaux continuaient d'être en vogue, et toutes les écoles s’y adonnaient avec passion. L’exécution devenait d’une minutie extrême, d’une finesse incomparable; le style large et libre et les grands effets décoratifs, où les peintres de la dynastie des Soung avaient excellé, n’étaient plus ni estimés ni compris. Notons encore, comme un des caractères de la peinture sous les Youen, le goût des tons vifs et brillants.

Comme pour les peintres de la dynastie précédente, il nous faut distinguer ici, parmi les paysagistes, ceux qui interprétèrent la nature dans la complexité de ses aspects, de ceux qui se bornèrent à reproduire de préférence tels ou tels détails pittoresques. De la première catégorie furent Ouang-mong , ou Ouang-chou-ming, Hoang kong-ouang, surnommé Tse-kieou, Ou-tchen, surnommé Ou-tchong-koue'i et qui signait aussi Meihoa-lao-jen, « le philosophe des fleurs de prunier », Kokieou-sse, surnommé King-tchong, Tsao tche-po, surnommé Yeou-liiuan, Tchao-mong-yo, surnommé Tse-heou, et Ma-leang, fils de Ma-yuan. On constate dans les œuvres de cette école, qui avait encore le sentiment juste du décor pittoresque, un coloris très

LA DÊESSB KÜUAN-YIN. EPOQ.UE DES YOUEN (l a60-l j68).

(Collection de M. S. Bing.)

harmonieux, une souplesse charmante du pinceau, mais une poésie moins sincère dans l'inspiration et

une exécution d'une tinesse souvent précieuse dans les détails.

Dans la seconde catégorie, nous classerons tous les artistes qui, n’ayant qu’une vision partielle de la réalité pittoresque, exercèrent leur talent à reproduire des bambous, des cèdres ou des pins, des pruniers ou des pêchers, des fleurs, des rochers, etc. Voici quels furent les principaux : Ni-t’san , surnommé Ni-yuan-tchen ou Ni-yun-lin , Mon g yu-kien , Li-k’an, surnommé Li-si-tchaï, Fa tsong-y, Tchao-ou-hing, Outchen,Siao p'eng-touan, Kao k’o-kong, surnommé } enking, Tche-tchan-kiun-clie, Tcliao mong-t'iao et son fils Tchao-yong.

Ces deux derniers artistes excellèrent aussi dans la peinture des animaux, et particulièrement des chevaux. A côté d'eux, on peut nommer encore Tchao tan-lin, qui peignait surtout des oiseaux et des tigres. Une œuvre de lui, que l’on peut voir au British Muséum et

ROSEAUX ET PLANTES D EAU, PAR TCHAO-OU-HING. XIVe SIÈCLE.

(D’après le Kiaï-tzc-Yuatt .)

LA PEINTURE

qui représente un tigre avec ses petits, est traitée d’une façon ferme et un peu rude; mais certains détails, le pelage, par exemple, sont exécutés avec trop de complaisance et de minutie.

6e ÉPOQUE

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