‹ L'art chinoisChapitre 94 sur 106 · DYNASTIE DES MING ( I 3 6 8 - I · texte numérisé non relu

DYNASTIE DES MING ( I 3 6 8 - I

Dès l’année 1 352, des séditions ayant éclaté par tout l’Empire contre les souverains mongols, un moine bouddhique, d’extraction obscure, se mit à la tète des révoltés, affranchit la Chine de la domination étrangère et inaugura, sous le nom de Houng-wou (r 368), la grande dynastie des Ming.

Dans les premières années de cette dynastie, le génie chinois prit au plus haut degré conscience de soi-mème. Dans la ciselure des bronzes et des jades, dans le travail des émaux, dans la céramique, les artistes de l’Empire du Milieu réalisèrent des œuvres d’une maîtrise supérieure, d’un style robuste, d’une exécution libre et large, d’un goût délicat et toujours sûr. Ces dispositions heureuses et ce perfectionnement technique se révèlent aussi chez les peintres de cette époque, mais à un moindre degré, et les progrès qui se manifestaient d’une façon si remarquable dans les autres branches de l'art furent à peine sensibles dans la peinture. C’est que pour elle, en effet, la période de floraison, depuis longtemps commencée, touchait à sa fin, et que l'heure du déclin était proche : ses premiers

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chefs-d’œuvre e'iaicnt apparus sous la dynastie des Thang (618-907), — ses derniers allaient apparaître sous Tching-hoa, neuvième empereur des Ming 1 1465-1488), c'est-à-dire à peu près vers le milieu du règne de cette dynastie.

I. — Depuis l'avènement de la dynastie des Ming jusqu'à la fin du règne de Tching-hoa ( 1 3GS- 1 -4.88).

L’artiste le plus personnel du xv siècle est Tclx'entcheou, surnommé Tch’en-clie-tieti ou Pe-che ouong. 11 peignait, dit-on, les nuages, les eaux, les fleurs, les oiseaux, les poissons, les serpents, les quadrupèdes, avec une égale supériorité. C’était (autant du moins que nous en pouvons juger par les auteurs chinois, car aucune œuvre de ce peintre 11’est encore venue en Europe) un artiste sincère, qui aimait à rendre surtout les aspects vaporeux des paysages, les apparences lumineuses des corps aux heures indécises de l'aurore et du crépuscule; il avait une touche nette et délibérée, moins maniérée que celle de ses contemporains.

A ses côtés, il faut citer Pieu onen-tsin, surnommé Pien-king-tchao. Paysagiste aussi, et d'un sentiment poétique assez fin, il préférait cependant peindre des oiseaux; il excellait à les saisir dans la variété de leurs attitudes et même dans leur vol.

Il 11'est parvenu jusqu’à nous qu'un nombre trop restreint des œuvres authentiques de ces artistes pour qu'il soit possible de définir le type de chacun d’eux; mais les peintures du xvc siècle qu’il nous a été donné de voir constituent, prises ensemble, un groupe de documents assez important pour nous permettre de

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