COUPE DE LAITUE. — XVIII* SIÈCLE
(Collection de M. le vicomte de Semalle.)
dante de nos jours; elle avait lieu, jusqu’à la fin du siècle dernier, à Ti-tcheou, département de Tsi-nan-lou (Chan-tong). Les seuls ateliers qui soient ouverts encore à ce genre d’industrie sont dans le département de Houang-tcheou (Hou-pe).
L’histoire de l’art du laque en Chine est mal connue , mais on peut affirmer qu’elle n’a jamais passé par les phases brillantes qu’a traversées ce même art au Japon, pendant les xvi* et xviic siècles. Aux noms des Koëtsou, des Shimidzou-Youhô, des Kôrin et des Yosei, les Chinois n’ont pas un artiste à opposer. Il n’y a pas eu non plus chez eux, à proprement parler, d’écoles caractéri-
LES LAQUES. J0J
sees ayant chacune leur style, leurs traditions et leurs tendances.
Il semble que les procédés du tsi et du t'iao-tsi tuent ete connus dès les premiers siècles de notre ère; mais les plus anciens spécimens que nous connaissons ne datent que de la fin des Ming, c’est-à-dire des dernières années du xvr siècle. Les laques sculptés de cette epoque sont fort rares, et les Chinois les estiment a très haut prix : le vernis en est très épais, le travail en est ferme, d’un style sobre et sévère. Sous l’empereur Khang-hi, de la dynastie des Thsing (1602), les artistes laqueurs réalisent dans ce genre de sérieux progrès, tant au point de vue de la qualité de la matière qui est plus compacte et plus grasse d’aspect qu’au point de vue de la décoration qui est plus libre, plus arge et^d'une inspiration plus franche. Sous Kien-long (17 b- 1796), on fabrique aussi des t'iao-tsi de beau style; mais ce sont surtout les laques peints qui nous o rent les specimens les plus intéressants. Les plus remarquables d’entre ceux-ci proviennent des ateliers du palais. M. de Semallé possède une dizaine de pièces ayant, sans aucun doute, cette origine : ce sont des coupes formulées en calices lobés, légères à la main et délicatement modelées : l’une est d’un bleu paon a reflets verts, chatoyant et intense comme un email ; une autre est d’un rose très pâle que reçusse un rose de corail, et l’ensemble est d’une douceur de tons incomparable; une autre encore est d’un noir un, et profond, de ce beau noir si apprécié des • aponais; signalons enfin, dans la même collection, un aque aventurmé, à incrustations d’or et d’argent figu-
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rant des lotus, qui est une merveille de goût et de finesse.
Ces pièces comptent à nos yeux parmi les rares objets de laque chinoise peinte qui mériteraient de figurer
COUPE DE LAQUE. — XVIIIe SIÈCLE.
(Collection de M. le vicomte de Semallé.)
dans la collection d’un amateur au Japon. En existet-il beaucoup de semblables en Chine? Nous ne le pensons pas, car nous n’en avons vu qu’un petit nombre pendant notre séjour à Pékin ; mais il est probable]que les tsi qui sont sortis des ateliers impériaux |au xviii* siècle sont encore au palais ou dans les résidences princières, et il est permis d’espérer que quelques spécimens en viendront encore en Europe.