DE PÉKIN, SCULPTÉE
Provient du Palais d'Eté. Décoré de 9 dragons impériaux.
laut. 93 cent. 1,4, diam. o9 cent. 2/3.
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gent, yin se, avec de la poudre d'argent. Le jaune vert vient de l'orpiment, sulfure jaune d'arsenic ; un vert plus sombre et plus intense s'obtient par un mélange d'orpiment et d'indigo ; un rouge carmin provient du safran bâtard, le carthamus tinctorius ; les noirs, de divers genres de charbon, animal et végétal. La couche intérieure de Técaille deVhaliotis fournit la nacre ; celle-ci sert soit à l'incrustation de plaques chatoyantes, soit à la projection d'une poussière aux grains brillants ; l'or, l'alliage d'or aux tons d'argent dégradé et l'étain sont également employés pour l'incrustation.
Il existe, au Musée botanique de Kew^, une collection complète des matières premières de la laque, ainsi qu'un certain nombre de spécimens montrant les différents moments de sa fabrication. On y voit des morceaux sectionnés de l'arbre d'où suinte la gomme, les laques elles-mêmes depuis les gris, vert et jaune clairs, jusqu'aux bruns et aux noirs, le tissu de chanvre, la soie et le papier dont Tobjet à laquer est recouvert, l'argile et les couleurs en usage, les pierres, pinceaux, outils et même la presse à sécher. Plusieurs planches illustrent les procédés de fabrication ; une vitrine montre cinquante procédés divers pour laquer des fourreaux de sabre.
Les spécimens qui y sont exposés viennent à vrai dire du Japon, mais la technique japonaise diffère peu de la chinoise. La Chine fut, encore ici, l'initiatrice du Japon, bien qu'elle n'ait jamais atteint dans l'art du laquage le degré de perfection auquel sont parvenus les praticiens nippons. Le professeur J.-J. Rein, dans ses Industries of Japan, expose que le rhus vernicifera ne poussait pas en ce pays à l'état sauvage et que les méthodes et les outils employés au Japon sont exactement les mêmes que ceux dont on se servit pendant des siècles dans l'industrie du laquage en Chine ; et Ton peut conclure avec lui : « De même que les Japonais doivent toutes leurs autres industries d'art à la Chine et à la- Corée, il est permis de penser que Vart du laquage — ainsi
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que Varhre à laque sans cloute — vint ce leur connaissance par r intermédiaire de leurs voisins occidentaux^ aussitôt après le début du IIP siècle ou après leur première expédition en Corée » .
On a beaucoup écrit sur l'histoire et les hautes qualités des laques japonais ; rien de plus juste, car leur supériorité artistique est incontestable. Les laques chinois, au contraire, ont été négligés, de sorte qu'il est nécessaire de recourir aux ouvrages indigènes pour découvrir quelques notions à leur sujet.
Le Kokouyao louen est une savante étude en treize livres sur les antiquités littéraires et artistiques, et a pour auteur Tsao Tch'ao ; nous Fa vous déjà cité : il parut sous le règne de Hong Wou, fondateur de la dynastie des Ming, en 1387. Il est question du laquage au commencement du Livre VIII, sous ce li\.v e Ku tsi Wi louen, « Description de laques anciens », et en ces termes :
(( I. Imitations de cornes de rhinocéros anciennes {kou si p^i), — Parmi les coupes et autres laques anciens sculptés d'après des objets en corne de rhinocéros^ les plus beaux sont de couleur brun-rouge avec une surface lisse et polie ; la laque est brillante^ résistante et mince. Une variété, d'un rouge plus clair ^ semblable au fruit du jujubier du Chan-tong (zizyphus communis), est généralement connue sous le nom de « laque jujube ». Il en est aussi dont les sculptures sont très creusées et d'un relief vigoureux ; elles seront classées plus tard.
« Les produits anciens de Fou-tcheou Jaunes avec une belle surface polie y sont décorés de motifs arrondis ; on les connaît sous le nom de « laques de Fou-tcheou ». Ils sont solides et minces^ mais difficiles à trouver. La laque est semée de nuages,
« Sous la dynastie des Yuan (1280-1367), une manufacture nouvelle fut installée à Kia-hing fou^ dans la province du
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Tchô-kiang^ à Si-fang yang-houei; elle produisit une grande quantité de laques^ sculptés pour la plupart profondément et en haut relief. Mais le corps manque généralement de solidité ; le fond jaune ^ en particulier , s^ écorne et se brise facilement,
2. Laque rouge sculptée [t'ihong). — Les coupes et autres objets de laque rouge sculptée ne sont pas classés en anciens et modernes ; on les distingue d'après l'épaisseur de la couche de vermillon^ le ton éclatant du rouge., le beau poli et la solidité de la laque. Les plus lourds sont les plus appréciés. Les boucles de sabre et les boites a parfums en forme de fleurs et de fruits sont exécutées avec art. Quelques pièces à fond jaune sont ornées de sculptures, représentant des paysages et des scènes à personnages^ des fleurs et des arbres^ des oiseaux qui volent, des animaux qui courent^ dessinés avec goût et exécutés avec agrément, mais qid s'écornent et s'abîment très facilement. Quand la couche de vermillon est mince ^ la laque rouge est de qualité inférieure.
« Sous la dynastie des Song (960-1219)^ les ustensiles destinés au palais impérial étaient généralement en laque d'or ou d'argent, avec une surface unie., dépourvue de sculptures.
« Sous la dynastie des Yuan, dans la préfecture de Kiahing, Tchang Tch'êng et Yang Mao acquirent une grande réputation pour leurs objets sculptés en laque rouge ; mais beaucoup de ceux-ci ne possèdent qu'une couche de vermillon trop mince et qui ne dure pas. Dans les pays du Japon et de Lieou kieiu^ cependant, on apprécie beauoup les œuvres de ces deux artistes.
« A V époque actuelle, à Ta-li fou, province du Yunnan, il existe des fabriques spéciales de ces laques ; leurs produits ne sont en majorité que de basses imitations .
« Beaucoup des familles nobles de Nankin conservent chez elles des spécimens originaux ; tantôt la laque est entièrement rouge vermillon ; tantôt, le noir y est associé. Les bons exem-
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plâtres ont une grande valeur ; mais il y a beaucoup d'imi^ talions et il faut un grand effort d'attention pour les distinguer.
3. Laque rouge peinte [touei honq), — Les imitations de laque rouge sculptée se font en exécutant le motif en relief avec une sorte de pâte à base de chaux et en la laquant simplement d'une couche de vermillon ; d'où le nom de touei hong. Les principaux objets ainsi exécutés sont des boucles de sabre et des boites à parfum à motifs de fleurs ; ils sont très bon marché. On appelle aussi ce genre de laque tchao hong ou « rouge plâtré » ; il est très commun aujourd'hui à Ta-lifou^ dans la province du Yun-nan.
« 4. Laque à reliefs d'or [tsiang kin). — Les coupes et autres objets décorés de motifs d'or en relief sont fortement laqués et travaillés avec art ; il en est du moins ainsi pour les exemplaires de choix. Au début de la dynastie des Yuan [1280]^ un artiste nommé P'êng Kiun-pao, qui habitait à Sifang, devint célèbre par ses peintures d'or sur laque; paysages et scènes à personnages ^ temples et pavillons^ arbres et branches de fleurs., oiseaux et quadrupèdes étaient tous également dessinés avec goût et exécutés à la perfection. A Ningkouo fou^ dans la province voisine du Kiang-nan^, les laqueurs de V époque actuelle décorent la laque de peintures d'or (miao kin) ; les ateliers des deux capitales — Nankin et Pékin — produisent aussi une quantité de laques décorés dans le même style.
« 5. Laque à jour [tsouan si). — Les coupes et autres exemplaires de laque à jour ^ dont le corps offre de la solidité et de la résistance^ sont le plus souvent des pièces anciennes datant de la dynastie des Song ; les décors à jour y ont été exécutés au moyen d'une tarière ou d'un foret de métal.
«6. Incrustations de nacre [lo tien). — Les laques incrustés
I. En 1667, sous le règne de K'ang-hi, le Kiang-nan a été divisé en deux provinces : le Kiang-sou et le Ngan-houei. — N. d. t.
fig, 90. — tableau en pierhe dure representant le paradis
taoïste
Fond ouvré en laque vermillon incrusté de jade, de malachite et de lapis-lazuli.
. Haut. 78 ceut. 16, larg. 109 cent. 2/10.