FIG. 118 GRAND GOBELET DE PORCELAINE. DYNASTIE DES MING
Emaux colorés. (Wou is'ai.)
Haut. 53 cent. 1,3, larg. 22 cent. 9/10.
plus spécialement pour Tusage des émigrés chinois. D'importantes poteries, exploitées à Pakwoh, village des environs de Ghe-ma, entre Amoy et Tchang-tcheou, livrent des objets assez grossiers, de couleur bleue et de forme fantastique, destinés surtout aux provinces méridionales de la Chine, à l'Inde, à FArchipel malais et au Siam. Ces articles servent pour la plupart à des usages domestiques; leur valeur très ordinaire permet de les passer sous silence.
Le second centre est situé au Sud de la province, à Yangtch'ouen bien, préfecture de Tchao-k^ing. La topographie officielle de la province Kouang long fong tche publiée sous le règne de Yong-tcheng fait allusion dans le livre Lu aux poteries (^t'ao ts^i) de cette origine et dit :
« Les potiers qui travaillent ici en ce moment sont tous originaires de la province du Pou-kien; ils ne font rien que des imitations d'anciens céladons de Long ts'iuan^ et ces imita^ tions elles-mêmes ne sont pas de premier ordre. »
Cette remarque peu flatteuse s'applique sans doute à la pâte qui est souvent mal cuite et peu serrée ; on s'en rendra compte en examinant certains céladons craquelés, rapportés de Bornéo ou d'autres îles de l'archipel oriental, et auxquels on peut vraisemblablement attribuer cette provenance.
Le troisième centre, qui est aussi le plus caractéristique, a pour siège Yang-kiang t'ing, dans la même préfecture, mais plus près de la mer. On y travaille un grès particulièrement dense, dur et réfractaire, dont les nuances vont des bruns rougeâtres, marrons et gris sombres jusqu'au noir, et qui sert à fabriquer toutes sortes d'objets, ornements d'architecture, bassins, bocaux à poissons et vases à fleurs pour les jardins, cuves et jarres à conserves, ustensiles domestiques, images religieuses, figures sacrées et animaux fantastiques, sans compter une infinité de curiosités bizarres et plus petites. Ces poteries se distinguent par la qualité des vernis dont on revêt la matière brun sombre.
L'une d'elles, un bleu soufflé, fut copiée à la manufacture impériale de porcelaine par T'angYing, d'après un spécimen spécialement enyoyé dans ce but du palais de Pékin.
Ces vernis sont généralement tachetés et de teintes variées. Le bleu de cobalt domine; il peut être strié, taché de vert, et finir en brun olive vers le bord. Mais on rencontre aussi d'autres couleurs, comme le pourpre manganèse, le vert feuille de camélia, les grès craquelés ; ce sont le plus souvent des couleurs de demi grand feu, tout en laissant parfois la place aux épaisses et brillantes coulées d'un rouge sang-de-bœuf. Dans quelques pièces, la surface n'est que partiellement recouverte : le vernis s'arrête, court en gouttes lourdes et irrégulières avant d'atteindre le fond; un tiers des vases reste à nu, ce qui leur donne quelque ressemblance avec les antiques produits des Song; un examen attentif de la pâte est nécessaire pour éviter les confusions.
Nous avons choisi, pour les reproduire, trois exemplaires de Kouang Yao, sans prétendre les rattacher à telle ou telle poterie spéciale à cette province. Le premier (fîg. 107) est un vase de faïence dense, genre kaolin, décoré en relief de motifs de lotus sous glaçure grise craquelée ; à la base, une double rangée de pétales de lotus ; sur la panse, au premier plan, une fleur stylisée s'élève d'une sorte de feston; col à rebord renflé portant un cercle de graines de lotus.
Le second (fig. 108) est un vase à la forme gracieuse, en grès grisâtre, dont la panse piriforme vient s'efTiler en un long col mince, renflé vers le haut; il est orné de dragons archaïques, exécutés en plein relief détaché. Vernis vert éclatant; dragons couleur turquoise et pourpre ; fine craquelure.
Le troisième (fig. 109) est un exemplaire de ce genre de faïence faussement attribué parfois à la dynastie des Song. Le grès, particulièrement dense et sombre, est recouvert d'un vernis bleu foncé pommelé — vernis de transformation ou
flambé [yao-pien) — , s'épaississant vers le pied du vase el tournant au brun vers l'orifice où la couche est plus mince. Cachet imprimé dans la pâte sous le vase : Ko Ming siang telle ^ « Fait par Ko Ming-siang », marque du potier, donnant le nom personnel de l'artiste ^