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La porcelaine

Fabrication, — On peut, d'une façon générale, ranger sous le terme de porcelaine toute poterie à laquelle la cuisson a fait subir un commencement de vitrification.

Ces céramiques transparentes se diviseront elles-mêmes en deux classes : les pâtes dures , formées des seuls éléments naturels qui servent à composer la matière cérame, et de la glaçure; les pâtes tendres, combinaisons artificielles d'éléments divers agglomérés par l'action du feu, et dans lesquelles le mélange appelé fritte se substitue à la roche naturelle.

Aucune porcelaine à pâte tendre, telle que nous venons de la définir, n'ayant jamais été faite en Chine, nous pouvons négliger de nous en occuper davantage.

Toutes les porcelaines chinoises sont à pâte dure. Elles contiennent deux éléments essentiels, Targile blanche ou kaolin^ élément onctueux et infusible qui donne à la pâte sa plasticité, et une roche feldspathique ou petouentse^ fusible à température élevée, qui donne à la porcelaine sa transparence ^.

1. Une marque, Ko Yuan siang tcJie, imprimée sous des vases du même genre, est attribuée à un frère de ce potier-ci. Les deux frères, dit-on, travaillèrent ensemble dans les premiers temps du règne de K'ien-long.

Ces deux marques sont reproduites en fac-similé parmi les « Marques et cachets », en appendice à ce chapitre.

On trouve rarement en Chine le nom du potier imprimé sur son œuvre ; au Japon, c'est Tusage contraire qui est répandu.

2. Ces deux noms chinois sont devenus classiques depuis que l'Académie française les a admis dans son dictionnaire. Kaolin est le nom d'une localité des environs de King-tô-tchen, d'où l'on extrait la meilleure argile à porcelaine ; le terme petuntse, littéralement « briquettes blanches », fait allusion

Il est vrai qu'en pratique bien d'autres éléments, tels que le quartz en poudre et certains sables cristallisés, viennent s'ajouter à ces deux parties essentielles : la préparation de la porcelaine chinoise varie très largement dans sa composition. Une pâte spéciale, faite de houang touen^ «briques jaunes », que Ton obtient en broyant une roche compacte et dure dans de grands moulins à eau, sert même pour les porcelaines plus grossières ; elle serait, assure-t-on, indispensable à l'élaboration de quelques vernis monochromes de grand feu. Le vernis yii provient de la même roche feldspathique dont on se sert pour composer le corps de la porcelaine; on réserve même pour ce vernis les meilleurs fragments de petouentse^ choisis pour leur ton vert uniforme, surtout s'ils sont veinés de dendrites semblables aux feuilles de « Tarbre de vie ». On opère le mélange avec une quantité de chaux qui s'obtient par une combustion répétée de chaux grise, pilée en couches alternantes avec des fougères et des broussailles que l'on a coupées au flanc de la montagne. La présence delà chaux accroît la fusibilité de la pierre feldspathique.

Le petoaentse le plus fin, appelé yeou koiio ou « essence de vernis », et la chaux purifiée, lien houei, transformés à part par addition d'eau en purées de même épaisseur, sont ensuite mélangés, en proportions différentes, de façon à former un vernis liquide. Puis, on étend ce vernis sur le corps brut, soit au moyen du pinceau, soit par immersion ou par insufflation S

à la forme sous laquelle on apporte aux fabriques la pierre à porcelaine finement pulvérisée, après l'avoir soumise aux opérations préliminaires, c'est-à-dire après l'avoir pilée et lavée.

La roche feldspathique de K'i-men hien, dans la province du Kiang-sou, a été chimiquement analysée par Ebelmen, qui la définit ainsi : une roche blanche, compacte, d'une teinte légèrement grisâtre, se rencontrant en gros fragments, couverts d'oxyde de maganèse en dendrites, avec des cristaux de quartz insérés dans la masse, entièrement fusible et se changeant en émail blanc sous l'action du chalumeau.

I. T'ang Ying nous dit qu'à son époque le vernis destiné aux plus belles pièces de porcelaine se composait de dix mesures de purée de petouentse et

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