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ET VERT

Les fleui's des quatre saisons : la pivoine de printemps et le chrysanthème d'automne

(voir fig. i-i-S).

Haut. oO cent. 8,10, larg. 10 cent. 6 10.

FIG. lOO. — FIGURE DE PORCELAINE REPRESENTAIT AVALOKITEÇVARA LA KOUAN-YIN DES CHINOIS

Emaux tendres (a Soft enamels »). (Collection Salting.)

llaïU. 20 cent. l'3.

Période Kang-hi (1662- 1722). — Nous arrivons maintenant à la période la plus parfaite de l'art céramique chinois; tous les avis concordent sur ce point, aussi bien en Orient qu'en Europe. L'éclatante renaissance artistique qui distingue le règne de K'ang-hi se manifeste de toutes façons : dans les couvertes monochromes, « qualité maîtresse de la céramique », dans les décors de grand feu, dans les émaux de -feu de moufle, pareils à des joyaux, et dans leurs multiples combinaisons ; enfin toutes les nuances du bleu prennent une surprenante vigueur dans l'inimitable porcelaine « bleue et blanche ».

Lang T'ing-tso était vice-roi des provinces unies du Kiang-si et du Kiang-nan au début du règne; son nom sert à distinguer deux glaçures, dérivées toutes deux des silicates de cuivre, le vert pomme Lang Yao si rare, et le rouge rubis Lang Yao plus célèbre encore, le ce sang-debœuf » des Français ; on peut, à la vérité, considérer ce dernier comme une réplique duce rouge de sacrifice » du règne de Siuan-tô et comme un précurseur de la coûteuse fleur-depêcher ou<( peau dépêche » qui fut composée des mêmes éléments au cours du règne qui nous occupe, mais un peu plus tard.

L'éclat dont l'art céramique brilla sous Kang-hi fut pourtant dû surtout à Ts'ang Ying-hiuan, secrétaire du ministère métropolitain du Travail; il fut nommé en i683 directeur des manufactures impériales de King-to-tchen, qui venaient d'être reconstruites. Pour ce qui est de ses succès céramiques, et en particulier des nouvelles couvertes monochromes introduites sous sa direction, on peut consulter les nombreux ouvrages qui ont été écrits sur la porcelaine chinoise ; on fera de même en ce qui concerne les décors spéciaux de la « famille verte », qui fleurit pendant tout le règne, et de la « famille rose », qui n'entra en scène que vers la fin.

2i8 L'ART CHINOIS

Nous avons dû limiter le nombre de nos illustrations.

Si nous commençons par «le bleu et blanc », la figure 128 nous montrera un vase à gingembre « hawtliorn », décoré de branches de prunier en fleurs, blanc sur un fond bleu marbré, d'une profondeur et d'un éclat merveilleux^

Ces vases charmants, destinés à l'origine à contenir des cadeaux de thé odorant pour le jour de Tan, sont peints de motifs de fleurs symboliques, appropriées à la saison. Ici les fleurs de prunier sont en train d'éclore à la chaleur du printemps, tandis qu'on voit la neige d'hiver fondre entre les brindilles.

D'autres vases sont semés uniquement de fleurs de prunier et de boutons, blanc sur fond bleu, traversés de hachures d'un bleu plus sombre qui représentent la glace en train de se craqueler. Figure 129 : un vase de ce genre, à la forme gracieuse; larges corolles blanches de prunier, s'enlevant vigoureusement sur fond bleu vif — Figure i3o: superbe gobelet, fleurs blanches de magnolia en relief, sur fond bleu éclatant. — Figure i3i : grand vase ovoïde avec couvercle (le pendant existe), médaillons à figures féminines, ou Lange lysen^ alternant avec des vases et des branches de fleurs. — Figure 182 : vase (le pendant existe), fond de chrysanthèmes stylisés, panneaux de formes diverses contenant des paysages, des paniers de fleurs, des chevaux marins et des cerfs, avec bandes de motifs variés. — Figure i33 : vase (le pendant existe), riche décor de fleurs et de feuillages stylisés, entourés de bordures en forme de feuilles. Un autre vase à large orifice et au pied légèrement débordant, décoré en bleu de dragons à quatre griffes sortant des vagues, et marqué par dessous d'une feuille et d'un filet, est reproduit dans la planche i34. Dans la figure i35, un

I. Ce vase fut acheté 5. 760 francs (coUeclion Orrock), mais il ne le cède en rien à un de ses pareils vendu récemment i47.5oo francs (collection Louis Huth).

autre vase encore, au col élancé, porte sur la panse deux lions jouant avec des balles d'étofFe brodée, et sur le col, un dragon archaïque à la poursuite d'une perle. Dans la figure i36, c'est une belle coupe au bord dentelé, dont le pied s'orne de feuilles en relief ; elle est peinte en bleu éclatant et représente des femmes lettrées aux gracieuses attitudes et des groupes de petits garçons jouant à des jeux divers.

Avec les deux illustrations suivantes, nous passons à un autre procédé décoratif : ici, le bleu de cobalt réduit en poudre très fine a été soufflé sur la pâte crue afin de produire, après glaçure, un fond « poudre bleue » ou « bleu fouetté )), semé de panneaux réservés en blanc. Ces panneaux sont décorés, dans la figure 187, au bleu de cobalt sous couverte de même ton que le fond; dans la figure i38, en émaux colorés brillants style famille verte posés sur couverte. Sur d'autres pièces de cette catégorie, que nous ne pouvons reproduire ici faute de place, le fond de poudre bleue est touché d'or; ou bien encore, les réserves sont décorées de poissons ou de tout autre motif vermillon et or. Mais le vrai, le beau « bleu fouetté » est d'une teinte monochrome, dépourvue d'ornements, semée à profusion de petites taches d'un bleu intense, qui s'adoucissent à mesure qu'elles se mêlent et se confondent avec la couverte translucide.

Figure 189 : vase à décor de dragons archaïques et de nuages, symboles de longévité et de bonheur, rouge de cuivre de grand feu, sous couverte; technique et cuisson semblables à celles du bleu de cobalt.

Le vase de la figure i4o contraste avec le précédent; décor de dragons impériaux serrant entre leurs griffes des caractères cheoit et sortant des flots de la mer ; teinte rouge corail adouci du feu de moufle, dérivée du peroxyde de fer (rouge de fer). Cette couleur, en corail plus pâle combiné avec de l'or, se retrouve sur l'élégante bouteille de la figure 141, qui fut achetée en Perse.

Additionné de rouge corail, le même peroxyde de fer cuit en demi grand feu fournit tous les tons possibles du brun, depuis les teintes chocolat et « feuille morte » jusqu'au « vieil or «. La gourde à double panse de la figure 142 montre un fond brun recouvert de fleurs en « slip » blanc ; c'est un genre de décoration inexactement attribué parfois à la Perse. Une autre gourde, à triple panse (fig. i43), est brun feuille morte [iseu km) avec des cercles de céladon uni et craquelé; la partie supérieure est en bleu et blanc. La figure suivante (i44) présente une combinaison assez rare : fond céladon de grand feu, décor d'oiseaux et de fleurs en émaux colorés.

La figure i45 reproduit un exemplaire de vase entièrement peint en couleurs de grand feu; le rouge de cuivre marron passe par diverses nuances «fleur de pêcher» et céladon, sur fond bleu fouetté; les parties céladon et les réserves blanches légèrement travaillées en relief, avec détails gravés. Les Pa Sien, — les huit immortels taoïstes, — s'ébattent dans des nuages et tiennent en l'air les attributs qui les distinguent. Comme beaucoup d'autres pièces qui appartiennent évidemment à cette catégorie, celle-ci porte sous le pied la marque fictive : Ta Ming Tch' eng-houa nien tclie, « Fait sous le règne de Tch'eng-houa de la grande (dynastie des) Ming ». Gomme exemple typique de san tsai, décor en trois couleurs sur biscuit, voyez dans la figure 146 l'aiguière en forme de poisson peinte des trois couleurs habituelles de cette classe, brun rouge, vert et jaune.

Pour illustrer convenablement les exemplaires de wou ts\ai — décor à cinq couleurs • — auxquels nous arrivons enfin, la palette complète serait nécessaire. La figure 147 représente un magnifique vase orné de pruniers, fleurs et oiseaux, que rehausse un fond noir brillant. Bien qu'il porte les six caractères du règne de « Tch'eng-houa de la grande (dynastie des) Ming », on ne saurait vraisemblablement lui attri-

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