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FIG. 131. VASE A YIX EX PORCELAINE, AFFECTANT LA FOIÎ.ME

DU CARACTÈRE CHEOU

Emaux tendres (c. Soft enamels ». — Youan ts'ai)de la Famille verte. iColleolion Salting.)

Ilaul. 22 ceiU. 0 lu, l;n-. 17 cent. 3 4.

FK;. IJ'l. VASE A VIN EN PORCELAINE, AFFECTANT LA FORME DU

CARACTÈRE FOU (rETOURNÉ).

Emaux tendres « Soft enamels » de la famille verte. (Collection Salting.)

llaul. 23 cent. 2 10, lai-o. 22 cenL 1 2.

FIG. Ij3. LANTERNE DE POIICELAINE COQUILLE D ŒUF

Emaux brillants, le vert domine.

faut. -27 cent., Jiam. iO cent. 6 lu.

FIG. I J 'i . VASE DE PORCELAINE DE LA FAMILLE VEllTE

Décoré de panneuux distribués sur un riche fo.ul de ileurs. iCollection Sallinj

Haut. 70 cent. 2 10. diam. -li cent. 1 tO.

buer une date antérieure à l'époque de K'ang-hi. — Figures i48 et 149: vase à quatre pans, fonds noir et vert pomme; nous en donnons deux reproductions; on y voit les fleurs des quatre saisons {sseu che houa) : le prunier d'hiver, la pivoine arborescente de printemps, le lotus d'été et le chrysanthème d'automne.

Figure i5o: Kouan Yin « la miséricordieuse », une main à demi levée, comme si elle écoutait la prière d'un fidèle ; émaux de couleurs tendres. — Figures i5i et i52: deux charmants vases à vin de la même époque, en forme des caractères cheou^ « longévité », et fou^ « bonheur » ; scènes taoïstes, bandes à motifs de fleurs, émaux tendres; les anses et les becs en imitation de vannerie. — Figure i53 : beau spécimen desmerveilleuses lanternes « coquille d'œuf », qui comptent parmi les chefs-d'œuvre céramiques les plus difficiles à réussir; celle-ci est de forme hexagonale, décor d'oiseaux, de fleurs et de papillons, émaux brillants de la famille verte. — Figure i54 : grand vase de la famille verte, somptueusement décoré de fonds de fleurs semés de papillons, panneaux en forme de feuilles et de fruits, contenant des paysages, des monstres mythiques, des branches de fleurs des quatre saisons. — Figure i55 : exemplaire rare de décoration en haut relief, riches émaux et or; les huit immortels taoïstes adorent le dieu de la longévité, à cheval sur une cigogne parmi les nuages ^ — Figure i56: un vase laque burgautée, d'une taille exceptionnelle; porte en incrustations différentes scènes delà vie agricole et paysanne en Chine, exécutées en minces lames de nacre, d'argent et d'or. Pour ce genre de décoration à grand effet, la laque noire est étendue en couche épaisse sur le vase que l'on s'abstient de mettre sous cou-

I. Ces huit génies taoïstes, si souvent représentés dans l'art céramique, se distinguent par les attributs particuliers qu'ils tiennent dans leurs mains ; ils sont réunis en groupe sur une grève rocheuse, et sur le point de s'aventurer sur les vagues de la mer qui les sépare du paradis. Le titre chinois de cette scène est Pa sien kin" cheou.

verte, tandis que les bords et l'intérieur sont enduits de glaçure; la nacre est parfois artificiellement teintée et sculptée avec une telle minutie que chaque feuille d'arbre apparaît distinctement; les maisons sont revêtues de plaques d'argent et l'on applique des feuilles d'or à intervalles fréquents pour rehausser l'effet général.

Nous avons placé (fig. 157) comme pièce monochrome dans nos séries de demi-ton, un vase carré destiné à contenir les baguettes-oracles, parce qu'il offre un spécimen typique du vieux « craquelé moutarde » qui correspond au mi sô, vernis « couleur de millet » des Chinois. Ce vernis craquelé date, nous l'avons vu, de la dynastie des Song : on ne lui reconnaissait généralement pas jusqu'ici cette origine, à cause de la traduction inexacte de mi sô « couleur de riz », ce qui faisait prendre ce vernis pour une sorte de craquelé gris. Mi sô dans les soieries chinoises est un jaune primevère accusé ; dans les vernis céramiques, il fonce souvent jusqu'à la couleur moutarde, mais reste toujours plus pâle que le jaune impérial, qui ressemble davantage au jaune d'œuf sombre.

Le bleu turquoise, k'ong-tsio lu ou « vert paon ^ ». est un vernis d'un ton charmant, truite ou finement craquelé. On le tire d'une combinaison de cuivre et de nitre , et on l'applique en général sur biscuit. La figure i58 en reproduit un bel exemplaire : c'est un vase en forme de gourde, avec décors moulés, appliqués et gravés, émail bleu turquoise, détails ajoutés en noir; le col sculpté à jour, anses en tête d'éléphant, dragons archaïques en relief, festons et bandes à motifs de feuilles ; support pentagonal dont les côtés sculptés à jour reposent sur des têtes de monstres issus d'une sorte de bague ; la bande à jour du col et celle du support contiennent le svastika, symbole de l'infini ; ce vase était censé

I. Certains ouvrages lui donnent le nom de fei-tsouei à cause de sa ressemblance avec les plumes de martin-pêcheur dont on se sert en joaillerie.

servir à la nourriture des immortels dans le paradis taoïste. L'émail est, en réalité, la qualité maîtresse de la porcelaine. Quelques autres émaux monochromes méritent d'être notés au passage, bien qu'il soit impossible d'en donner une idée exacte sans l'aide des couleurs. Au sang-de-bœuf éclatant des Lang Yao primitifs succèdent maintenant ses dérivés de nuance plus tendre, le tsiang teou hong^ « rouge haricot», le ping houo ts'ing, « vert pomme » des Chinois, que nous connaissons sous le nom de peau de pèche ou fraise écrasée ; un nouveau noir brillant {leang hei) fait son apparition, noir traversé de violet sombre, le vernis « aile de corbeau» des collectionneurs, parfois recouvert d'une décoration superficielle en or ; même remarque pour le ce bleu Mazarin », qui est de la même époque, et pour le corail à teinte adoucie dérivé du fer. Quelques-unes des couleurs monochromes les plus éclatantes de cette période sont de simples lavis de l'un des émaux colorés usités dans la décoration polychrome : par exemple le vert de la famille verte qui donne une teinte franche à Téclat chatoyant, connu sous le nom decho-p'i lu, « vert peau de serpent ». On employait, dit-on, ce « vert peau de serpent » à la manufacture impériale, sous le règne de Ts'ang, en même temps qu'un « jaune peau d'anguille » de teinte brunâtre, et que des turquoise, jaune impérial, vert concombre et rouge brun. Les services du palais étaient jaunes, verts ou pourpres, quelquesuns blancs pour servir pendant les périodes de deuil ; des dragons à cinq griffes étaient d'ordinaire modelés dans la pâte, sous le vernis monochrome.

Période Yong-tcheng et ICien-long (1723-1795). — Nous réunissons les deux règnes de Yong-tcheng et de son illustre fils K'ien-long (qui succéda à son père en 1736). 11 existe, en effet, une grande ressemblance entre leurs produits céramiques.

234 L'ART CHINOTS

King-tô-tclien et sa manufacture impériale retiendront encore exclusivement notre attention. Ses directeurs officiels furent alors Nien Si-yao, nommé à ce poste au début du règne de Yong-tcheng, et T'ang Ying qui, nommé directeur adjoint en 1728, devint directeur en 1786, et demeura seul possesseur de sa charge jusqu'en 1749 ; de son successeur nous ne savons rien, si ce n'est le nom. T'ang Ying était un écrivain fécond, en même temps qu'enthousiaste amateur de Fart céramique ; nous lui devons beaucoup de nos connaissances exactes sur ce sujet.

Ces deux directeurs consacrèrent leurs efforts à reproduire les porcelaines archaïques dont on reçut de Pékin des spécimens destinés à cet usage ; ils inventèrent également de nouveaux procédés de décoration. Nous ne disposons pas, malheureusement, d'une place suffisante pour énumérer tous leurs magnifiques produits. Les Chinois les désignent sous les noms respectifs de Nien Yao et de T'ang Yao.

Les verts brillants qui dominent dans les décors du règne de K'ang-hi leur valurent le nom de famille verte ; ces verts pâlirent peu à peu et se virent supplanter par des rouges roses de nuances cramoisi et incarnat, dérivés de l'or, d'où le nom de famille rose souvent appliqué à ce nouveau décor. On trouvera deux superbes spécimens de la famille rose dans les figures 109 — lanterne hexagonale à panneaux réticulés — et 160 — vase avec couvercle, richement décoré de motifs de fleurs sur fond rouge d'or, tirant sur le rose tendre. — Figure 161 : vase élancé au pied assez large, forme caractéristique de l'époque de Yong-tcheng; la divinité taoïste Si Wang Mou, à cheval sur une sorte de lion, et assistée de deux suivantes à pied, y est peinte sur fond blanc très doux. — Figure 162 : étui à pinceaux en forme de barillet, pi-t'ong; couleurs de grand feu; Wen Kong, dieu de la littérature, brandit son pinceau, et le lettré qui a réussi dans ses études tient dans sa main une brindille de l'arbre

FIG. lOD. VASE DE PORCELAINE DE LA FIN DE LÉPOQUE KANG-HI

Décors en haut-relief, émaux colorés avec or. Les huit immortels adorant le Dieu (le la Longévité. (Collection Salting.)

Haut. 4o cent. 3.4, diam. 18 cent. 3,4.

FK;. i56. VASE EN LAQUE BUIUiAUlÉ. EPOQUE KANOHI

Scènes de la vie ag-ricole et paysanne en Chine. (Collection Bushell.)

laul. 71 cent. 1 10.

FiG. i:>'

VASE DE PORCELAINE CARlîE, BORDS COTELES^ CRAQUELE

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