DORÉES ET ÉMAILLÉES EX COULEURS
Haul. 24 cent. 4 10. diam. 20 cent 1 3.
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Fia. 20 1. BRULE-PARFUMS, CHEOU LOU
Monstre ailé ; cuivre doré, décoré démaux colorés.
Haut. 23 cent. 2 10, lar^. IG cent. 1/10.
FIG. 101. — BOITE ET COUVERCLE. ORNEMENTS FLORAUX REPOUSSES, DORÉS, FOND d'ÉMAIL BLEU SOMBRE; l'iNTÉRIEUR ÉMAILLÉ BLEU TURQUOISE
Proyient du Palais d'Été, près de Pékin.
Haut. 13 cent. 1 3, diani. 38 cent. 3,4.
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o3. — VASE A VIN. ÉMAIL PEINT ; DECORE EN COULEURS DE LA FAMILLE ROUGE
Haut. 20 cciil. 1 :?.
sculpté, dans la cour principale du temple ; mais les Russes firent de ce monastère leur quartier général en 1900, et emportèrent, dit-on, la plupart des cloisonnés ; peut-être peut-on voir maintenant ces magnifiques pièces à Saint- Pétersbourg, sinon à l'Ermitage même.
Les cloisonnés de la période K'ien-long (1736-1795) marquent un certain progrès technique dans le fini de leurs détails. Les modèles sont d'un choix heureux et la décoration répond généralement à la forme. Il n'y a point de trous sur la surface, les couleurs, si elles ne sont pas vives et éclatantes comme autrefois, sont harmonieusement combinées; mais les accessoires de bronze souvent adaptés aux pièces sont lourdement et richement dorés.
Il existe au British Muséum une belle et vaste collection d'émaux chinois ; quelques-unes des pièces les plus importantes proviennent du pillage du Palais d'Eté. Nous nous occuperons d'abord des cloisonnés et des champlevés, puis des émaux peints.
Le grand brûle-parfums de la figure 191 porte au-dessous la célèbre marque : King fai nien tche, « Fait sous le règne de King-t'ai (i45o-i456).)). Posé sur trois pieds en forme de carpes dorées dont les nageoires étendues s'attachent au corps principal, ce vase possède deux anses représentant des dragons archaïques, et un couvercle surmonté d'une bête fabuleuse à la queue dressée qui porte dans ses griffes de devant une branche de ling-tche^ champignon de longévité. Le couvercle s'orne vers le haut des pa-koua gravés à jour, le décor présente un curieux mélange de symbolisme bouddhiste et taoïste, très caractéristique de Fépoque. Des branches de fleurs de lotus entourent la panse, dressant leurs touffes régulières pour soutenir les huit emblèmes bouddhistes de la bonne fortune [pa-ki-siang)^ — la roue, la conque, le parasol, le dais, la fleur de lotus, le vase, les
poissons accouplés et le nœud sans fin — auxquels s'ajoutent des banderoles flottantes, des vols de cigognes portant dans leur bec des perles ou des pompons. Le couvercle est décoré de dragons enroulés avec une bordure de motifs « tête de sceptre ».
Le vase imposant de la figure 192 a été exécuté d'après un modèle de bronze ancien ; il est quadrangulaire et flanqué de huit arêtes verticales dentées ; c'est un exemple incomparable du coloris opulent et profond qui distingue la dynastie Ming. Un bleu de cobalt intense, un rouge corail foncé et un vert éclatant mêlé d'un peu de jaune vif et de blanc mat et trouble, dominent et se détachent sur un fond doux et limpide de couleur turquoise. Le caractère hiératique du décor est très accentué. Les supports dentés se terminent en petits cercles portant émaillé le symbole yiti yang. Ici des nuages en volutes laissent apercevoir les traits du fao-fie, le monstre redouté; au-dessus, deux couples de dragons conventionnels, séparés par une bande de grecque ; autour du pied, une bordure d'ornements en forme de feuilles ; un fond hardi de motifs de fleurs complète l'ornementation du vase.
C'est également parmi les pièces Ming qu'il faut classer le grand plateau de la figure 198; son genre de décor le destinait sans doute à l'usage du palais. Deux phénix impériaux en occupent le fond ; ils volent à travers des branches de pivoines Moutan qui remplissent le reste des médaillons. Les flancs cannelés et la large bordure en forme de feuilles, sont, à l'intérieur comme à l'extérieur, revêtus d'ornements genre « dragon », alternativement bleu foncé et vert sur fond turquoise.
Nous ferons remonter à la même époque, probablement au règne de Wan-li le vase élégant de la figure 194. Sous le pied richement doré, on a gravé un couple entrecroisé de foudres çajra ou doi^jés, enfermant le « symbole de trois en
un », ce qui indique que l'objet servait aux usages canoniques dans un temple lamaïque. Un dragon en bronze doré repose sur la panse et s'enroule mollement autour du col du vase ; des bandes de grecque d'un trait délicat entourent le décor émaillé. Celui-ci, formé de motifs de fleurs aux couleurs ordinaires, se détache sur fond bleu ciel.
Les quatre pièces d'émail cloisonné qui suivent appartiennent à la dynastie actuelle et sortent, sans doute, des ateliers de Pékin.
Figure igo : brûle-parfums, émaillé de verts et de blancs voilés, touchés de rouge sur fond bleu et noir; sur la panse les yeux du t'ao-fie parmi des guirlandes; les anses de cuivre doré, en forme de gariidas ; le couvercle à jour, composé de dragons entrelacés, avec un bouton imitant la gousse de lotus et percé de sept trous.
Figure 196 : éléphant ^, blanc tacheté, portant un vase sur son dos ; le vase, la selle, la couverture de la selle et le harnachement auquel pendent des fils de perles, sont émaillés en couleurs.
Figure 197 : cet étrange objet, semblable à un sarcophage, est un coffre à glace provenant du Palais d'Eté ; destiné à contenir la glace qui rafraîchit l'air pendant la saison chaude ; supporté par deux personnages accroupis, aux yeux saillants aux oreilles percées et coiffés de turbans ; le couvercle surmonté d'un lion de bronze doré comprend une bande ajourée, où l'on voit des dragons à la poursuite des joyaux enflammés ; toutes les autres parties sont décorées de festons stylisés de Si fan lien, « lotus hindou », dans le style un peu surchargé de K'ien-long.
Figure 198 : une plaque d'émail cloisonné montée en écran, représentant une scène de campagne : un savant est assis dans un pavillon rustique ombragé d'arbres avec un
I. L'éléphant, animal sacré de la loi, figurait à l'origine sur les autels bouddhiques.
livre ouvert à ses côtés, un petit garçon accroupi attise le feu d'un réchaud en agitant un éventail tandis qu'un visiteur, appuyé sur son bâton, s'avance au premier plan et traverse un pont de bois, suivi par un jeune serviteur qui porte sa lyre. Au revers de l'écran est inscrit un poème, composé par l'empereur K'ien-long et tracé par son ministre d'état Leang Kouo-tche; l'écriture a été gravée dans le bois :
« Cest le premier mois de Vété ; les feuilles sont dans tout leur éclata
Leurs coûtes épaisses de verdure ombreuse s'étendent audessus de la pelouse de jadéite,
On dit qu'en des jours favorables^ cest ici que vient percher le phénix^
Mais mieux vaut, certes^ planter le coudrier^ en une heure de loisir.
Un petit garçon, en attendant, fait bouillir le thé, près du berceau de feuillage.
Tandis qu'un savant de haut rang, sa lyre dans un étui, traverse le pont rustique.
Puissent les arbres jumeaux du dryandra vivre des myriades d'années !
Alors le feu, peint sur l'écran, ne manquera pas de bois pour l'alimenter! »
Vers composés par l'Empereur sur « V Ombre pure de la Cour oîi croit le Dryandra », écrits respectueusement par son humble ministre Leang Kouo-tche : avec ses deux sceaux apposés, tch'en (Ministre) et tche {le dernier caractère de son nom) ^
I. Leang Kouo-tche, selon le Biographical Dictionnary du professeur GiLES, vécut en 1723-1787 de notre ère. Il devint conseiller de l'empereur K'ien-long en 1773, et grand secrétaire en 1785. L'empereur aimait composer des odes de ce genre, que l'on retrouve souvent en Europe reproduites généralement d'après sa propre écriture sous le pied d'une pièce de porcelaine ou gravés sur le flanc d'une sculpture de jade ; ces pièces ont été enlevées d'une des salles du Palais d'Eté. Les vers qu'a publiés K'ien-long remplissent des vingtaines de volumes.