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Le duc Mou de Ts'in

Ce système de chefs-présidents, ou plutôt cette succession d'Etats directeurs, arrêta pour un temps le désordre qui régnait de toutes parts ; mais les Etats entrèrent en lutte les uns contre les autres, et le pays fut de nouveau dévasté par la guerre civile : cette situation se prolongea pendant près de deux siècles, jusqu'au moment où le roi Nan, en 206, se soumit au prince de Ts'in ; ainsi finit la dynastie des Tcheou.

Le roi Tcheng monta sur le trône de Ts'in en 246 avant Jésus-Christ. En 221, après avoir conquis et annexé tous les autres Etats, il fonda un nouvel empire homogène sur les ruines de l'ancien système féodal. Il étendit considérablement l'empire vers le sud, chassa les Turcs Hiong-nou dans la direction du nord ^ et construisit la Grande Muraille pour arrêter les incursions des cavaliers nomades. Il tenta de brûler tous les livres d'histoire, se déclara Premier Empereur Auguste, Che Houang-ti, et décréta que son successeur serait le second et ainsi de suite jusqu'à la dix-millième génération-. Mais

I. On a vu identifier ces Tartares Hiong-nou avec les Huns. C'étaient des nomades et des cavaliers. Leurs irruptions en Chine étaient fréquentes. Ils étaient répandus dans toute la Tartarie au nord de la Chine et du golfe de Leao-tong; vers l'occident ils s'étendaient jusqu'à la Bactriane. — N. d. t.

1. La dynastie des Tcheou ayant pris « le feu » comme emblème, Che Houang-ti choisit « l'eau », parce que leau éteint le feu. Comme le nombre six correspondait à ce symbole de l'eau, toutes les combinaisons et tous les rapports durent désormais prendre pour base ce nombre six ; c'est ainsi que le produit de six, multiplié par lui-même, devint le nombre diviseur de l'empire.

La destruction des livres fut ordonnée sur l'insistance du ministre LiSseu, qui aurait tenu ce langage :

« Votre sujet propose que les histoires officielles, à Vexception des

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ses orgueilleux projets tombèrent à rien, car son fils, qui lui succéda sons le nom de Eul Che Houang-ti « Empereur de la seconde génération », en 209 avant Jésus-Christ, fut tué par l'eunuque Tchao Kao deux ans après, et en 206 son petit-fils, un enfant, se rendit au fondateur de la maison des Han, Lieou-Pang, à qui il livra les cachets de jade de l'Etat; il fut d'ailleurs assassiné quelques années plus tard.

Nous devons placer ici un tableau (voir le tableau ci-contre), montrant la succession des dynasties suivantes avec les dates qui marquent le début de chacune d'elles. Les chijQPres placés entre parenthèses désignent leur numéro dans la série des « vingt-quatre histoires dynastiques » qui leur sont consacrées (Cf. les Notes on Chinese Literatu/'e de Wylie, p. i3).

La civilisation de la Chine sous les trois dynasties anciennes semble avoir eu un développement presque exclusivement original. Vers la fin de cette période, au cours des v® et iv^ siècles avant Jésus-Christ, l'Etat de Ts'in (province du Ghàn-si), étendit ses limites vers le sud et l'ouest ; c'est de

mémoires de Ts'in, soient toutes brûlées', sauf les personnes qui ont la charge de lettrés au vaste savoir, ceux qui dans l'empire se permettent de cacher le Che (King), le Chou (King), ou les discours des Cent Ecoles, devront tous aller auprès des autorités locales civiles ou militaires pour qu'elles les brûlent. Ceux qui oseront discuter entre eux sur le Che (King) et le Chou (King) seront {mis à mort et leurs cadavres) exposés sur la place publique ; ceux qui se serviront de l'antiquité pour dénigrer les temps modernes seront mis à mort avec leur parenté, etc.. Les livres qui ne seront pas proscrits seront ceux de médecine ou de pharmacie, de divination par la tortue et Vachillée, d'agriculture et d'arboriculture. Quanta ceux qui désireront étudier les lois et les ordonnances, qu'ils prennent pour maîtres les fonctionnaires. » Le décret fut : « Approuvé » (Sseu-ma T'sien, op. cit., II, 172).

De nombreuses exécutions de lettrés sanctionnèrent cet édit. La proscription des livres ne s'exerça que durant quatre années ; encore ne compromitelle la survivance que des ouvrages dont il existait très peu de copies. Ts in Che Houang-ti avait publié son édit en 2i3 avant Jésus-Christ. Lui-même mourut en 210. Une certaine tolérance s'établit alors, jiisqu'à ce qu'en 191, l'empereur Houei-ti, des Han, rapportât officiellement Tédit.

Tous les ouvrages cachés pendant la persécution reparurent alors. L'historien Pan Kou en a dressé 1 inventaire ; il suffit de consulter cette véritable statistique bibliographique pour se convaincre que les pertes n'avaient pas été aussi considérables qu'on eût pu le craindre. — N. d. t.

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