‹ L'art chrétien et l'École AllemandeChapitre 3 sur 25 · SUR FRÉDÉRIC OVERBECK · texte numérisé non relu

SUR FRÉDÉRIC OVERBECK

blieux des plus impérieuses nécessités, quand la porte s’ouvre, un pas léger glisse sur le parquet, mais sans que le pauvre vieillard soit distrait de sa tristesse; une douce voix murmure à son oreille de pieuses et consolantes paroles, avec cet accent où vibre le cœur, mais il n’entend rien ; enfin , une main affectueuse se pose sur sa main , et alors l’illustre infortuné relève la tête pour montrer un visage baigné de larmes :

— Merci, murmure-t-il avec des sanglots en reconnaissant la visiteuse, femme de M. Hoffmann , sculpteur distingué , l’ami respectueux d’Overbeck et un peu son élève ; merci , madame , vous voyez , ils sont partis , la mère après le fils.... A présent me voilà seul; mais Dieu, sans doute, aura pitié de moi et je ne tarderai pas à les rejoindre.

— Non, cher monsieur Overbeck, non, répond la pieuse dame, non, l’heure de la récompense , quoique bien méritée déjà , n’a point sonné pour vous. La Religion et l’Art ont encore besoin de vos pinceaux. Oh ! ces croix sont bien amères sans doute , mais ne dites pas pourtant que vous êtes seul , quand des amis viennent mêler leurs larmes à vos larmes. Mon mari , reconnaissant de vos conseils qui ont été pour lui ceux d’un père, veut être un fils pour vous, et, dans nos chers petits enfants, vous retrouverez celui que vous avez perdu. Voulez-vous que l’amitié vous rende la famille que vous pleurez ? Oh î oui , vous le voulez ! Venez , monsieur Overbeck, venez, tout est préparé à la maison pour vous recevoir.

Page 1