NOTICE SUR FRÉDÉRIC OVERBECK
Et l’excellente dame, sans attendre la réponse, prenant le bras du digne vieillard , dont les larmes n’étaient plus seulement des larmes de tristesse , le conduisit chez elle, pendant que son mari veillait aux intérêts du grand artiste , dont l’atelier bouleversé et aussi la maison étaient comme livrés à l’abandon. Depuis lors , il y a de cela deux années environ, au milieu de ces amis dévoués qui sont bien pour lui une vraie et tendre famille, M. Overbcck, objet des attentions les plus filiales, a senti peu à peu son cœur s’ouvrir à la consolation ; il a repris enfin ses pinceaux , ses crayons , et grâce h cette douce vie qui lui est faite , à cette aimable prévoyance qui lui épargne toute autre préoccupation que celle de l’art, il a retrouvé son inspiration des meilleurs jours. Rénie soit donc l’intelligente et fidèle amitié ii laquelle nous devons de nouveaux chefs-d’œuvre que suivront, il faut l’espérer, bien d’autres encore!
Un mot encore : M. Overbeck est depuis longtemps fixé à Rome, devenue pour lui une patrie. Le Saint-Père, ce vénéré Pie IX , si zélé pour les lettres et les arts , se montre admirable de bonté pour le grand artiste. Pie IX se souvient comment Léon X en agissait avec Raphaël. La Papauté, en tout temps la protectrice éclairée des arts, montre de nos jours aussi qu’elle n’est pas peu jalouse de cette ancienne et glorieuse prérogative.