HO NOUVEAUX THÈMES SYMBOLIQUES
survécu : en Egypte on a retrouvé dos fresques à Antinoé, à Baouit, à Saqqarah; enfin on peut tirer parti des renseignements qu'offrent les monuments cl art décoratif miniatures dos évangéliaires de Rossano, de Sinope, de Florence, ivoires, étoffes, etc. . el des descriptions précieuses qu'on trouve parfois dans la littérature description de l'église de Gaza par Choricius, vi" siècle, des Saints-Apôtres par Constantin le Rhodien, vT siècle, et Mesarites, fin du xne siècle .
Il est possible, à l'aide de ces sources, de montrer par quels caractères nouveaux l'art byzantin se distingue de l'art antérieur. On s'aperçoit d'abord que certaines figures de l'ancien symbolisme, tels que Forante ou le Bon Pasteur, en disparaissent complètement. L'agneau se maintient encore sur la croix et dans les compositions apocalyptiques*, mais le concile, dit o quinisexte », de 692, décide que sur les crucifix on lui substituera l'image même du Sauveur". L'art byzantin conserve cependant quelques vieux symboles d'un caractère triomphal comme la croix gemmée, la vigne, les paons, la couronne de lauriers, le monogramme du Christ, qui tiennent une grande place sur les sarcophages sculptés ou les clôtures de marbre transenme de Ravenne. En revanche apparaissent des symboles nouveaux empruntés à la faune mi-réelle, mi-fantastique du Physiologus. Les grillons affrontés parfois fig. 44 . et buvant dans un calice, sont un emprunt à la décoration des temples helléniques3. L'aigle lig. 4ô . à l'origine figure de la résurrection, devient le symbole du Christ ou de la grâce divine : une étoffe copte montre d'un côté le Christ perçant le dragon de sa lance, de l'autre un aigle enlevant un animal dans ses serres4. A la faune du Physiologus appartient aussi le phénix, l'oiseau fabuleux qui renaît de ses cendres et figure la résurrection du Christ : sous la forme d'un coq nimbé, il orne une des étoffes du « Sancta Sanctorum » au Latran'.
On remarque surtout dans l'art byzantin une accentuation du caractère triomphal de l'époque précédente. De plus en plus la hiérarchie terrestre sert de modèle à la hiérarchie divine, dont le Christ de la Transfiguration occupe le sommet, dont les prophètes, les évangélistes, les anges, les apôtres et les saints forment les divers degrés6. De même qu à côté de la maison de l'empereur, on voit celle de l'impératrice avec sa hiérarchie distincte, de même la cour de la Vierge se développe en face de celle du Christ, tout en lui étant subordonnée. A Saint-Apollinaire le Neuf
1 Croix de Justin II (Vatican . Ravenne : Voûte du chœur de Saint-Vital, abside de Saint-Apollinaire in Classe Venise, façade de Saint-Marc L. Bréhier. Etudes sur la sculpture byzantine. Paris. 1911. pi. XX, 3
2. Mansi. Concilia, XI. 976. Ce concile, tenu à Constantinople et composé exclusivement dévéques d'Orient, ne fut pas reconnu par le pape.