LA QUESTION DES IMAGES
représentations sacrées rendait encore plus vives 1rs attaques dont elles étaient l'objet. Sous 1 influence des doctrines néoplatoniciennes, introduites dans la spéculation théologique par les ouvrages du pseudo-Denys 1 Ai'éopagite, on en arrivait à ne plus regarder 1 art religieux comme un simple enseignement mais comme le signe sensible du monde intelligible. Dans le roman de Marlaam et Joasaph, transposition chrétienne de la vie du Bouddha, composée en Palestine au vu siècle, on lit que quiconque vénère a l'auguste image de la figure souveraine du Verbe de Dion incarné pour nous ». honore le o prototype o dont elle est 1 expression. « L'honneur accordé à l'image, a dit un saint, atteint jusqu'à son prototype... En lisant avec les yeux de 1 esprit cette écriture qu est 1 image, nous pénétrons jusqu'à l'idée véritable dont nous n'avons que l'effigie' ». La vénération des images est donc pour nous un moyen de communiquer avec le monde suprasensible : elle a une valeur presque sacramentelle. En même temps se répandait de plus en plus le culte des images « acheiropoiètes ». né à 1 époque précédente, comme bimane d'Edesse qui passait pour un portrait du Christ exécuté par ordre du roi Abgar : on racontait que le peintre était impuissant à rendre 1 éclat surnaturel du Sauveur: Jésus s'était appliqué la toile sur la figure et y avait laissé 1 empreinte de ses traits2.
Un mouvement d'opposition se dessina bientôt en Orient contre ces doctrines. Des apologies du culte des images comme celle de Léonce, évêque de Xeapolis en Chvpre vne siècle . destinée à réfuter les objections des Juifs, laissent deviner les attaques dont l'art religieux était l'objet . Plusieurs sectes hérétiques, comme celle des Sabéens, étaient iconoclastes '. Enfin la religion musulmane qui. née en Arabie dans la première moitié du vu' siècle, se répand en Orient avec une rapidité foudroyante et en quelques années enlève à l'Empire les plus belles provinces, la Syrie 633-637 . l'Egypte (639-642 . absorbe la Perse sassanide 636-643 . l'Arménie (642-653), la Transoxiane et l'Inde (366-714 . est franchement hostile à l'art religieux qu'elle confond avec l'idolâtrie.
C'est ce qui explique que dans l'Empire byzantin et même dans 1 Eglise grecque il se soit formé un parti iconoclaste qui arriva au pouvoir avec la dynastie isaurienne, originaire des provinces asiatiques où s étaient conservées des sectes hérétiques qui refusaient d'admettre le culte des images et les images elles-mêmes. D'accord avec quelques évéques. l'empereur Léon III publia en 726 un édit qui interdisait à ses sujets de vénérer les images, sous peine d'être regardés comme des idolâtres. Léon III. qui venait de sauver Constantinople des attaques formidables