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LES NOUVELLES TENDANCES DE L'ART BYZANTIN

hellénistiques, aussi bien dans les compositions profanes des palais que dans l'ornementation religieuse : d'autre part, l'art monastique et populaire, moins luxueux, moins raisonneur, un peu fruste parfois, mais plus original et plus spontané. Nous essaierons de l'aire ressortir le contraste que présentent ces deux aspects de l'art byzantin.

L'école aristocratique et théologique nous est connue grâce à de nombreux monuments. Si la « Nouvelle Eglise » décorée par Basile Ier de somptueuses mosaïques n'a plus laisse de traces que dans la description de Photius, nous possédons encore les ensembles de Saint-Luc en Phocide et de Daphni en Grèce, de la Dormition de Nicée et de la Nea Moni de Chio en Asie Mineure, de Sainte Sophie de Kiev et de Néréditsi en Russie, de Bethléem en Syrie, de Saint-Marc de Venise en Italie, de la Chapelle Palatine de Païenne, de la Martorana. de Cefalu. de Monreale PI. III i en Sicile. De nombreux objets mobiliers, portes de bronze, rétables d'orfèvrerie, reliquaires/ivoires, étoiles, etc., nous permettent de compléter nos connaissances.

Le caractère dominant de l'iconographie byzantine, telle qu'elle s est constituée après la querelle des images, c'est l'ordonnance rigoureuse et systématique de ses compositions. Le point de vue théologique n est plus le même qu'aux époques précédentes : il ne s agit plus d affirmer des dogmes trinitaires ou chrislologiques que nul ne conteste ; le but de lait est désormais d'évoquer aux yeux des fidèles les mystères du monde supra-sensible ; les images concourent au même but que la liturgie ; elles ont presque le même caractère sacramentel et forment le cadre obligatoire du mystère eucharistique. L'art représente donc ce qui ne change pas, ce qui est ; il ira aucun souci des contingences, des événements éphémères ; étant situé hors du temps, il ne fait aucune part à l'histoire. Les faits évangéliques ne sont pas intéressants en eux-mêmes, mais pour le mystère dont ils sont la ligure ; le but suprême de l'art est de présenter au fidèle toutes les vérités qu'il doit accepter, tous les êtres avec lesquels il doit se mettre en communion par la prière.

Pour réaliser ce programme presque surhumain, les peintres ont trouvé un cadre merveilleux dans la forme d'église en Croix grecque qui prévaut depuis le ix° siècle : une croix surmontée d'Une coupole à la croisée et inscrite dans un carré, que terminent les trois absides liturgiques et que précède un narthex.

« L'église, disait le patriarche Germain au Viiic siècle. -est le ciel terrestre, où' le Dieu céleste habite et se meut. Elle est la figure de la crucifixion et de la résurrection du Christ. Elle a été préfigurée dans la personne des patriarches, fondée dans celle des apôtres, annoncée dans celle desfprophètes, ornée dans celle des évéques1. » Et d'après Siméon de Thessaloniqué les parties basses de l'église' repré-

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