LE CHRISTIANISME ET L'ART RELIGIEUX
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pus', et durant les trois premiers siècles de l'ère chrétienne une véritable controverse s'engage entre les écoles philosophiques au sujet des idoles. Strabon loue Moïse de les avoir condamnées1. Plutarque estime que c'est rabaisser la nature des dieux que de vouloir en donner des images matérielles3. Lucien ne perd aucune occasion de se moquer des idoles et dans ses Doléances tragiques de /eus. il montre les statues des dieux, celles de Grèce en marbre et en bronze, celles d'Orient toutes resplendissantes d'or, tenant une assemblée dans l'Olympe. En revanche.
des stoïciens comme Dion Cbrysostome et surtout des néoplatoniciens comme Plotin (205-270 s'efforcent de justifier le culte des images par des considérations tirées de leurs propres doctrines : pour Plotin. c'est l'âme universelle qui est présente dans les statues disposées pour recevoir son action et qui participent quelque peu à sa puissance'.
Des païens réprouvaient donc tout art religieux : à plus forte raison les chrétiens avaient pour lui la même répugnance. Ce qui devait augmenter encore leur défiance, c était le goût pour les images de certaines sectes gnostiques.
Au milieu du u" siècle, d'après saint Epiphane, les Carpocratiens avaient des images de Jésus, qui passaient pour reproduire une œuvre exécutée par ordre de Pilate. Ils adoraient en même temps
des images des philosophes Pythagore. Platon et Aristote5. Dans son traité contre les hérésies (vers 17.Ï-189 . saint Irénée s'indigne contre ces superstitions" que passe pour avoir partagées l'empereur Alexandre Sévère 222-239 qui aurait honoré dans son « lararium » les bustes des bienfaiteurs de l'humanité, Jésus,
1. Voir les textes réunis dans Clerc. Les théories relatives au culte des images chez les auteurs grecs du II' siècle après Jésus-Christ. Paris. 1915.