‹ L'art chrétienChapitre 15 sur 442 · CIMETIÈRES CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

CIMETIÈRES CHRÉTIENS

Abraham, Apollonius de Tyane1. Un grand nombre de géminés couvertes de signes gnostiques nous montrent des effigies d'anges et même le motif du Bon Pasteur . La question des rapports de l'art chrétien primitif avec cette iconographie gnostique est fort obscure : il est possible toutefois que l'art religieux ait été accepté officiellement parles sectes gnostiques avant de l'être dans l'Eglise chrétienne lig. .'! .

Ainsi ce n'est pas l'Eglise qui a créé l'art chrétien ; il est vraisemblable qu'elle n'a pas dû garder longtemps à son endroit une attitude indifférente et désintéressée ; en l'acceptant, elle l'a sans doute réglementé dans une certaine mesure, mais c'est à l'initiative des fidèles qu'il doit sa naissance.

Cet art est né dans les associations ou collèges funéraires que les chrétiens ont formés à l'exemple des autres populations de l'Empire. A l'origine, les fidèles les plus fortunés admettaient dans leurs tombes de familles les corps de leurs coreligionnaires. L'habitude était courante à Rome de réserver dans les sépultures importantes une place aux clients, aux affranchis, aux esclaves et même simplement aux amis. Quelques cimetières des catacombes, celui de Priseille, par exemple, passent pour avoir cette origine. A côté de ces sépultures privées, il y eut de bonne heure des cimetières créés par les communautés chrétiennes des villes de l'Empire et dont la loi leur reconnaissait la propriété. Plusieurs de ces cimetières avaient été donnés aux chrétiens par des particuliers : tel est « le Cimetière » de l'église de Rome, dont il est question sous Septime-Sévère (193-211) 3 ; à la même époque, à Césarée de Mauritanie, un « adorateur du Verbe » donne à la communauté chrétienne une « area » pour les sépultures et une chapelle, « cella », pour les réunions '. Le nombre considérable de catacombes que l'on a découvertes non seulement à Rome, mais à Alexandrie, à Syracuse, à Malte, dans l'Afrique du Nord, en Asie Mineure, etc...\ montre que des cimetières chrétiens existaient dès la fin du ne siècle dans tout l'Empire.

Ces emplacements, quel que fût le statut légal de la communauté qui les possédait, ne différaient ni en droit, ni en fait, des innombrables champs de sépulture qui étaient la propriété corporative des associations funéraires juives ou païennes.

1. Lampride Alex., 28; ce texte passe aujourd'hui pour apocryphe.

2. Diclionn. Archéol. chrét Abrasa*, et I, col. 1847, 2117, 2134-2138, 3032.

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