LES SAINTS
I a basilique de Torcello xu'siècle en a conservé un spécimen remarquable H^. (w . Le registre supérieur représente l'Anastasis avec un Christ colossal et deux figures géantes d'archanges revêtus du costume impérial. Dans nue deuxième zone, le Christ apparaît dans une gloire, la Vierge et le Précurseur à ses côtés, entouré des douze apôtres assis, tandis que par derrière se tiennent comme une garde d'honneur les milices angéliques. Plus bas est le trône vide de l'Etimasia avec la résurrection des morts, dont plusieurs sont rejetés par les monstres qui les ont engloutis. Enfin les deux derniers registres montrent à droite les élus, groupés hiérarchiquement évéques. rois, etc.! et à gauche la tourbe des réprouvés repOUS-
Luh. Hautes Lludes (Millet).
Fig. 08. — Saint Luc le Gournikiote, type du saint ascète. Mosaïque du monastère de Saint-Luc en Phocide, x"-xi6 siècles.
ses par les chérubins et embrasés par le fleuve de feu qui part du Christ glorieux : quelques-uns enfoncés dans l'abîme ne montrent plus que la tête. La composition reproduit plusieurs détails des Apocalypses de Marie qui se répandent dans la littérature religieuse à partir du ix" siècle1, mais elle a des sources bien plus lointaines : le fleuve de feu qui consume les damnés en épargnant les justes et qui est la marque distinctive des Jugements Derniers de 1 art byzantin, est décrit par un vieux poète syrien du me siècle. Commodien de Gaza, qui a composé en latin des poèmes sur « la fin de ce siècle » et « le jour du Jugement »." Ce thème est déjà familier aux chrétiens d'Orient du ixe siècle, comme le prouve la vision
1. Gidel Annuaire de l Association des Etudes grecques. 1871, 99 Bib. Niât. mss. grecs, 390 et 1031