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L'ART MONASTIQUE ET POPULAIRE

marbre pentélique, destinées à abriter des icônes peintes, sont creusées d'une gorge dans laquelle des personnages en relief sont allongés1. L'une de ces compositions illustre l'hymne de la Nativité dont les inscriptions reproduisent les versets, a Les mages apportent leurs présents, les anges leurs cantiques, les bergers leur admiration* ». Sur une autre le Christ délivre Adam des limbes et les figures de David. Salomon et saint Jean-Baptiste ornent la troisième.

Il faut enfin signaler la place importante prise par la statuaire monumentale et iconographique aux façades des églises arméniennes des ixe et Xe siècles. A Acbtbamar. sur le lac de Van église datée de 915-921), à Elindsché, à

Mzchet, etc apparaissent encastrées dans les murs des statues parfois colossales du

Christ, des Apôtres, des anges, des donateurs, rois pagratides offrant des modèles d une église, qui, par leur style montrent la survivance de la tradition asiatique très ancienne à laquelle on doit les grandes statues rupestres de l'époque sassanide .

Mais, si grande qu'ait été 1 extension dune iconographie par laquelle s est exprimée la doctrine officielle de l'Eglise grecque, elle ne représente, à vrai dire, que 1 un des aspects de l'art byzantin. En face d'elle a vécu un art monastique et populaire dont nous avons pu constater la naissance au vie siècle en Syrie et en Egypte. C'est aux frontières du monde byzantin, dans les colonies monastiques de la Calabre et de la Terre d'Otrante, dans les vallées de la lointaine Cappadoce que les témoignages de cet art forment les groupes les plus nombreux, mais, comme nous allons le voir, son action a été beaucoup plus étendue.

Cette école monastique diffère complètement de l'école byzantine qui a travaillé à l'ornementation des grandes églises. Ses techniques sont moins luxueuses : au lieu de marbres précieux et de mosaïques à fond d'or, elle emploie la fresque. Ses procédés sont plus naïfs : à la perspective linéaire elle substitue souvent la perspective inverse qui. au rebours de la première, augmente les dimensions des objets à mesure qu'ils s éloignent. C'est ainsi qu'à Toqale Kilisse Cappadoce . la taille des apôtres bénis par le Christ va en grandissant dans l'éloignement '. L'inspiration surtout est différente. Il est vrai qu« bien souvent le décor de ces églises rupestres est une imitation visible et comme une réduction de l'ornementation des grandes basiliques. Mais, à C(>té des compositions traditionnelles, on entrouvede tout

1. L. Bréhier Les Archivoltes sculptées du musée d'Athènes. [Mélanges Schlumberger, 192-1 ]

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