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De Jerphanion. Revue archéolog., 1912, II, p

LES FRESQUES CAPPADOCIENNES

;'i l'ail nouvelles. El surtout I iconographie n y présente pas souvent I ordonnance rigoureuse de l'art officiel, Elle est plus historique que liturgique et parfois des tableaux successifs montrent, comme dans les manuscrits, les divers moments d'une mêmescène. Enfin les compositions ont perdu leur caractère abstrait et apparaissent dans leur cadre réel : un paysage véritable se substitue au fond d'or; les personnages sont plus nombreux, disposés en groupes pittoresques et forment même parfois de véritables foules. Au lieu du sens dogmatique des scènes, il semble qu'on se soucie plutôt de leur élément dramatique. L'art officiel voulait d'abord instruire : l'art populaire cherche à émouvoir et aime à raconter. Avec une imagination parfois heureuse, il souligne certaines intentions qui n'étaient qu indiquées dans les compositions officielles. Dans la Communion des Apôtres par exemple, le Christ porte le costume liturgique du patriarche, au lieu des draperies hellénistiques qu'il conserve à Serrés et à Sainte- Sophie de Kiev '.

On est frappé des ressemblances que présente cette iconographie avec celle de Sainte-Marie Antique et des basiliques romaines du vin'siècle. Une inspiration commune en effet relie ces œuvres si éloignées : les peintures romaines et cappadociennes représentent l'épanouissement de l'art religieux

né en Palestine et en Syrie. Des moines syriens et grecs l'ont importé en Italie; d'autres moines syriens ont fondé les ermitages et les couvents rupestres de Cappadoce où cet art s'est perpétué jusqu'au xnf siècle.

On constate d'ailleurs qu'à la suite des conquêtes de Nicéphore Phocas et de Jean Tzimiskès qui ont refoulé l'Islam, l'art religieux de Constantinople a fait son apparition en Cappadoce en même temps que l'influence impériale, mais c'est surtout à partir du xu° siècle que ce changement se manifeste, sans d'ailleurs que l'iconographie syrienne ait été abandonnée. Entre le style des églises rupestres d'une part, les unes, simples nefs rectangulaires de tradition indigène, les autres, imitation des églises byzantines à coupoles et. d'autre part, l'inspiration des pein-

Fig.72. — Panagia Blaclierniotissa Médaillon d'ivoire, Paris, Cabinet des Médailles, x° siècle. Type de la Vierge de l'église de Blachernes, à Constantinople

1 Qeledjlar. Grégoire. Bull de Corresp. hell . 1909. p 88

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