INNOVATIONS ICONOGRAPHIQUES
tures, il n y a pas toujours une concordance parfaite. Ces! ainsi qu'un des cycles narratifs les plus développés d'après des sources syriennes, celui de Qeledjlar orne les parois d'une chapelle à coupole tandis que dans la chapelle rectangulaire de Souvech, datée de 1217. règne un décor d'inspiration liturgique el byzantine1.
En attendant l'achèvement de la publication dans laquelle il exposera d'une manière complète ses magnifiques découvertes, le R. P. de Jerphanion a donné la description d'un des cycles narratifs les plus remarquables et les plus anciens \ siècle . qui se développe en six registres sur une voûte de Toqale Kilisse à (iueurémé "'. Les scènes se déroulent sans interruption à la manière d'une Irise, et il est facile de voir que leur interprétation s'oppose nettement à celle qui domine dans l 'art de Constantinople. Une large part a été faite dans ces peintures aux données des évangiles apocryphes et surtout l'ordonnance des compositions, les gestes mêmes des personnages, tout y rappelle I iconographie syrienne ; d'autre part, il semble que certaines trouvailles parfois savoureuses sont dues aux peintres cappadociens eux-mêmes.
L'Annonciation montre la Vierge filant la pourpre el se levant interdite à l'apparition de l'ange. Une petite servante étonnée assiste à la scène de la Visitation. Un tableau inspiré du Protévangile de Jacques montre Joseph et Marie buvant « l'eau de l'épreuve » après leur accusation devant le sanhédrin '. Du même texte sont tirés le récit du voyage à Bethléem Marie assise sur une ànesse menée par Jacques, fils de Joseph, qui suit par derrière), les détails de la Nativité les deux sages-femmes et le bain de l'Enfant Jésus), du Massacre des Innocents Hérode ordonnant le massacre à un guerrier tandis qu'un greffier recueille ses paroles, l'accent réaliste du massacre où l'on voit un enfant saisi par le pied et partagé en deux), de la mise à mort de Zacharie devant le Temple, de la fuite d'Elisabeth dans la montagne pour cacher Jean-Baptiste.
Le même caractère anecdotique se manifeste dans les épisodes de la « Vie Publique ». au nombre de dix, dont quatre pour le seul Baptême (apparition de l'ange à saint Jean, sa prédication devant les publicains. sa rencontre avec Jésus, le baptême de Jésus avec le geste naïf emprunté à la tradition syrienne du Christ cachant son sexe .
Mais surtout le cycle de la Passion qui tient une place si restreinte dans les grandes églises est ici très développée 1 10 épisodes), et les détails simplement pitto-
1. G. de Jerphanion. Le développement iconographique de l'art chrétien. Bessarionc, XXXV, 1919, p. til-63.
2. G. de Jerphanion. Le rôle de la Syrie dans l'iconographie chrétienne. Mélanges de l'Université de Beyrouth, VIII. ~>, 1922, p. 354-368. Au moment où nous mettons sous presse parait la première livraison de son ouvrage : Les églises rupestres de Cappadoce. Paris, 1925.
3. De même à 1 église Sainte-Barbe à Soghanly et sur beaucoup d'autres fresques. Ce sujet a été traité sur une mosaïque de Saint-Marc de Venise [Croisillon nord) .