C.T.L VIII
5. Voy. le classement et la bibliographie de dom Leclercq. Dictionn. d'Archéologie chrét., II, 2442.
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Les inscriptions et les monuments ont montré la place considérable que ces« collèges ». protégés par le gouvernement impérial, tenaient dans la vie des populations sous l'Empire. Presque tous ont un caractère religieux, soit qu ils se placent sous le patronage d une divinité païenne, soit qu'ils appartiennent a quelque secte
syrienne, juive ou inilhriaque.
Or. ce développement des associations de sépultures avait donné naissance à un art funéraire, dont les motifs étaient comme un langage symbolique. De
Fliolo Chateauneuf.
Fig. I. — Sarcophoge dit d'Hippolyte. Musée d'Arles, n° siècle.
plus en plus la pratique orientale de l'inhumation se substituait à l'habitude d'incinérer les cadavres. La mode des sarcophages, dont les plus riches sont ornés de sculptures fig. 4), se répandit donc dans tout le monde romain. Les galeries souterraines où étaient établies les niches des « columbaria » furent couvertes de peintures. Presque toujours les motifs choisis par les artistes formaient une allusion plus ou moins claire aux croyances des défunts. Les païens eux-mêmes montraient un goût marqué pour les symboles au sens ésotérique : les deux génies aux torches renversées sont classiques. Les scènes de chasse, représentation figurée d'un rite funèbre, la légende de Bacchus, le mythe de Diane et d Endymion se retrouvent aussi fréquemment sur les sarcophages. La croyance, de plus en plus répandue, à l'immortalité de lame s'affirme dans des allégories ingénieuses. Telle est la raison de la vogue obtenue par le sujet des amours de Phèdre et d'Hippo-
18 AKT FUNÉRAIRE PAÏEN ET .ll'IF
lyte ' ili*. 4 . qui figurait sur les sarcophages réservés aux jeunes gens; Hippolyte après sa mort prématurée avait été ressuscité par Diane sous le nom de Virbius2. Sur plusieurs sarcophages 1 âme est représentée par une vierge assise sur un navire qui vogue sur les flots et finit par aborder au port. Les Muses qui ornent les sarcophages président à l'harmonie des sphères célestes et éveillent chez l'homme le désir des vérités divines3. Des sujets qui sont devenus familiers à l'art chrétien, par exemple les scènes pastorales, les amours vendangeurs qui cueillent et foulent le raisin, le gracieux mythe de l'Amour et Psyché4, se trouvent fréquemment sur les sarcophages païens. Parfois le défunt est représenté avec les outils de sa profession ; : il existe même des exemples curieux de statues tombales ou « gisants » telles qu'elles seront adoptées dans l'art funéraire du xu° siècle : le musée du Louvre possède le tombeau d'un prêtre carthaginois et d'une défunte représentés dans cette attitude1'. Le célèbre sarcophage de Prométhée. conservé au musée du Capitole, est comme une illustration de la destinée humaine. D'un côté. Prométhée fabrique l'homme après avoir dérobé le feu à la forge de Vulcain placée derrière lui. Plus loin, Minerve communique lame (Psyché i, sous la forme d'un papillon, au corps ainsi formé. Enfin le dieu psychopompe. Mercure, enlève lame au cadavre et l'on voit à sa place le génie de la mort avec un flambeau renversé.
En un mot. le paganisme a connu à son déclin une iconographie funéraire dans laquelle se reflétaient les nouvelles croyances à la vie future qui se répandaient dans le monde.
A plus forte raison en était-il de même dans les cimetières érigés par les nombreuses sectes orientales, phrygiennes, isiaques. mithriaques. etc.. qui faisaient de ces crovances le fond même de leurs doctrines. On a retrouvé à Rome dans le cimetière de Prétextât la sépulture de deux adorateurs du dieu phrygien Sahazius, Vincentius et Vibia : au-dessus d'un arcosolium une fresque représente le banquet funèbre célébré par les survivants ; en face, Pluton enlève Vibia et l'emporte aux Enfers ; au milieu est figuré le jugement de Vibia ; enfin un autre tableau nous la montre guidée par son « bon ange », franchissant la porte du paradis et introduite
1. Musée de Grirgenti. Musée de Spalato. Musée d'Arles. Musée du Louvre. Sarcophage de Mistra, etc.