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RENAISSANCE CAROLINGIENNE

îles entrelacs, prototypes des initiales carolingiennes ', qui s'étalent sur presque toute une page avec une profusion île rosaces, de cœurs, il entrelacs, entremêlés île scènes de genre par exemple des chats jouanl avec une souris2). Comme sur le continent d'ailleurs il y a un véritable contraste entre la beauté de 1 ornement el la barbarie de la figure humaine. Lue page de 1 Evangéliaire de Turin, destinée à illustrer la généalogie du Christ, le représente avec la taille d'un géant au milieu de ses ancêtres, tous ayant les mêmes traits, les mêmes gestes et alignés en dix rangées symétriques*. De même sur un Crucifiement de l'Evangétiaire de Saint-Gall, le Christ en croix disparaît sous un épais ruban d'entrelacs qui s'enroule autour de son corps4» Un coffret, exécuté d'après son inscription en caractères runiques avec des os d'une haleine capturée à Terryfill Norlhumberland) \ présente successivement dans des cadres décoratifs des épisodes de la prise de Jérusalem par Titus. l'Adoration des Mages, la prise de Troie et certains sujets obscurs qu'on a cru pouvoir rattacher aux légendes nordiques ifig. 97). On a longtemps cherché un lien entre ces scènes : leur incohérence n'est pointant qu'apparente : leur succession est empruntée à l'une de ces chroniques populaires dont le « Barharus Scaliger » et la chronique copte d'Alexandrie nous fournissent des exemples. On y voit entremêlés ainsi les épisodes de l'histoire sacrée et profane ramenés à l'unité chronologique d'après le canon d'Eusèbe.

La Renaissance qui s est produite au ixe siècle sous l'impulsion de Charlemagne et de ses collaborateurs, parmi lesquels on trouve un Anglo-Saxon, Alcuin, un Lombard, Paul Diacre, un Espagnol. Théodulfe. évêque d'Orléans, fut dans tous les domaines un retour à la tradition antique. Les grands monastères. Saint-Martin de Tours, Saint-Gall, ont été de véritables écoles d où sont sortis les artistes aussi bien que les théologiens ou les littérateurs. De nouveau l'on a appris à dessiner la ligure humaine, mais quels que soient les emprunts faits par l'art carolingien à l'antiquité latine et hellénique, il a gardé en partie l'ornementation barbare, irlandaise, lombarde, mérovingienne, qui avait régné du vi' au ix' siècles. De là proviennent ses caractères complexes, disparates et son manque d originalité : comme les œuvres littéraires de la même époque, les monuments sont des plagiats perpétuels. Etoiles orientales, sculptures antiques, miniatures irlandaises servent indifféremment de modèles. D'autre part, le caractère officiel de la réforme a eu pour conséquences l'uniformité et la monotonie : les productions des monastères de Tours ne

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