‹ L'art chrétienChapitre 187 sur 442 · H> LA QUESTION DES IMAGES EN OCCIDENT · texte numérisé non relu

H> LA QUESTION DES IMAGES EN OCCIDENT

li"- meilleurs maîtres d'oeuvre, sculpteurs, imagiers, peintres des écoles régionales viennent apporter leur collaboration :.

Los nouveaux édifices offraient à 1 iconographie religieuse un double champ. La renaissance de la sculpture en modelage a permis d une pari de couvrir de figures ou d ornements les chapiteaux des piliers intérieurs, les tympans et les jambages des portails. D'autre part, les voûtes en berceau et les immenses surfaces île murs pleins favorisaient la création de vastes cycles de peintures. Enfin naquit l'art du vitrail historié qui permit aux Occidentaux de réaliser d une manière originale le décor que 1 art byzantin demandait à ses mosaïques. L'invention de nouvelles techniques, comme celle de lémaillerie champlevée. vint augmenter encore le domaine de I art religieux.

Après avoir ainsi considéré les conditions extérieures dans lesquelles s'est développée l'iconographie occidentale, il faut maintenant chercher à découvrir son point de vue. L'art byzantin officiel, nous le savons, était un enseignement théologique et mystique, un effort pour atteindre l'intelligible parla contemplation de ligures sensibles. L'objet de l'iconographie occidentale est bien plus vaste : elle est un enseignement catéchétique et encyclopédique.

A plusieurs reprises il s'est rencontré en Occident comme en Orient des théologiens rigoristes pour mettre en doute la légitimité de l'art religieux. Sous Charlemagne même il y eut dans l'empire franc une sorte de querelle des images : la doctrine du concile de Nicée 787 sur les images fut mal accueillie du clergé franc, choqué surtout par le terme d « adoratio » qui revenait sans cesse dans la traduction latine des actes du concile pour rendre le terme grec de îïpo<rxiiv7rri.ç (prosternement .Au concile de Francfort 7S>4 fut préparée la rédaction des « Livres Carolins», ouest réfutée la doctrine byzantine du culte des images, que les prélats francs proclament bien inférieur à celui des reliques *. Un peu plus tard. Claude, évêque de Turin, alla même jusqu a supprimer les images et les croix dans les églises de son diocèse. Sous Louis le Débonnaire une ambassade de l'empereur iconoclaste Michel le Bègue détermina la réunion du concile de Paris <S2,"> . qui, tout en admettant la légitimité de l'art religieux, condamnait le culte des images :. Ce fut dans ce sens qu'à la suite de ce concile. Agobard. archevêque de Lyon, écrivit son traité des

1. A. Kingsley Porter. Romanesque Sculpture ofihe pilgrimages roach. Boston 1923. — E. Mâle. L'art religieux du xii siiulr en France. 1922, ch YII-YIII

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