PRINCIPAUX THÈMES ORIENTAUX
seldjoucide cl connu aussi dans l'ail byzantin, est répété trois fois autour d'un chapiteau de Chauriat Puy-de-Dôme)1. L'aigle héraldique à deux têtes, qui orne des bas-reliefs chaldéensdu xxx1 siècle avant notre ère. se trouve sur le tailloir d un pilier du cloître de Moissac, sur un chapiteau du musée de Toulouse, sur une fresque de la cathédrale de ClermontV Un chapiteau de la cathédrale de Chartres monde un guerrier assyrien, vêtu d une longue robe et coiffé d'une tiare conique. menaçant un lion de son épieu3. A la cathédrale de Lund Suède) on a reconnu sur une corbeille une copie de Ghilgamech, rHercule chaldéen qui étouffe des monstres entre ses bras'. Parfois même, il est impossible de deviner par quelle voie lait des pays d'Extrême-Orient a réussi à se glisser dans l'ornementation chrétienne. Sur un linteau d'Ouezy-en-Laison Calvadosi, une statue couchée sur le liane, la joue posée sur la main, semble quelque figure échappée à un bas-relief cambodgien. A la cathédrale de Baveux, sur un véritable champ de broderies qui couvrent les tympans situés entre les arcades, se détachent des dragons et des êtres fantastiques qui éveillent le souvenir de l'art chinois. A Blesle (Haute-Loire) un chapiteau reproduit le Ghilgamesch chaldéen étouffant deux lions dans ses bras, et sur un autre deux dragons entrelacés se rattachent à la même inspiration.
Cette diffusion de l'ornement oriental fut surtout favorisée par les relations qui s'établirent entre les chrétiens et les Arabes d'Espagne. C'est naturellement sur les monuments espagnols que cette influence est la plus profonde. Les miniatures des manuscrits des Commentaires de Beatus sur l'Apocalypse placent dans un cadre tout mauresque les scènes de l'iconographie chrétienne. Babylone y est représentée comme une ville arabe avec des murailles revêtues de faïence vernissée et une grande porte surmontée d'un arc en fer à cheval '" (cf. fig. 160) . Des sourates du Coran et en particulier la formule sacrée : « Allah est Allah ! » en beaux caractères coufiques couvrent même les ornements en forme de losanges entre-croisés qui se développent sur certaines pages6. Vn crucifix d'ivoire de la cathédrale de Léon au nom du roi Ferdinand et de la reine Sancia (1037-106.") offre sur ses deux faces un décor exubérant de figurines et d'animaux dans des entrelacs qui révèlent 1 imitation du décor arabe7. Même au nord des Pyrénées et jusqu'en Lombardie cette influence est sensible, tandis qu'en Sicile les artistes musulmans collaboraient avec des Grecs et des Occidentaux à réaliser la splendide ornementation d'un caractère si composite qui couvre les créations des princes normands. Pour nous
1. L. Bréhier. Nouvelles recherches sut la sculpture byzantine, p. 1!)