AMOURS ET SCÈNES DE VENDANGES
génies '. C'est la campagne telle que la comprenaient les lecteurs blasés dos Bucoliques, et l'on ;i pu comparer ces peintures à celles qui ornent les maisons de (iermanicus au Palatin ou de Néron, sous les thermes de Titus.
Ce goût pour les paysages champêtres, qui n'était donc pas particulier aux chrétiens, se montre dans un grand nombre de cimetières romains des 11° et nr" siècles : à côté des arbres on ligure souvent les animaux familiers, des canards', une gazelle tenant le caducée et des sarcelles nageant dans un étang. Parfois des personnages symboliques se détachent au milieu des feuillages et représentent les Quatre Saisons. C'est là le point de départ d'une tradition qui se perpétuera dans l'iconographie chrétienne et produira les nombreux calendriers historiés que l'on trouve à toutes les époques. Dans la crypte Saint-Janvier du cimetière de Prétextât, qui date de l'époque de Septime-Sévère 193-211). de gracieuses guirlandes de roses, d'épis, de pampres, de laurier, symboles des saisons, se développent en berceaux le long des parois pour s'appuyer aux angles sur de larges coupes de feuilles et de fruits. Des oiseaux volent partout, sauf sur le laurier, figure de l'hiver, et. aux branches, sont suspendues des nids d'où sortent de petits becs entrouverts. Au-dessus de l'entrée et des trois arcosolia, des enfants cueillent les roses du printemps, coupent le blé, vendangent la vigne, font la récolte des olives ifig. 5 . Dans les tombeaux païens les Saisons évoquaient la mort et le réveil de la nature, symbole de la résurrection. Les chrétiens n'ont fait que s'approprier un thème courant.
Il en est de même de certains sujets mythologiques qui étaient devenus tellement banals qu'ils avaient fini par perdre toute signification religieuse pour se transformer en purs ornements. Tels sont les Amours, génies ailés, « putti », dont les artistes avaient l'habitude de surcharger leurs œuvres depuis l'époque hellénistique. On sait quelle place importante ils tiennent dans l'art pompéien : les jolies fresques de la maison des Vettii les montrent se livrant à tous les métiers usuels; ils apparaissent aussi fréquemment dans les peintures des cimetières chrétiens. Tantôt ce sont des figures isolées qui s'envolent avec une légèreté gracieuse, comme au cimetière de Domitilla ^fin du ier sièclei, ou à la crypte de Lucine (u° siècle) ; parfois ils alternent avec des Victoires analogues à celles de l'hypogée juif de Palmyre : un exemple en est fourni par la Chapelle des Sacrements iiie siècle . Sur une fresque du cimetière de Domitilla, ils se jouent au milieu des rinceaux d'une vigne, tandis que sur les sarcophages ils sont souvent représentés en train de cueillir des grappes de raisin et de fouler la vendange dans des cuves. En général ils sont dans un désordre pittoresque, grimpés sur les arbres autour desquels s'enroulent les pampres et disputant parfois les grappes aux oiseaux