‹ L'art chrétienChapitre 22 sur 442 · Wilpert. Pitlurc délie catacombe. pi. XXX. i; XXXI i · texte numérisé non relu

Wilpert. Pitlurc délie catacombe. pi. XXX. i; XXXI i

THÈMES MYTHOLOGIQUES dans L'ART CHRÉTIEN 23

gigantesques qui les picorent1 : c'est le triomphe de I arl alexandrin <lonl la vogue s'est répandue dans tout I Empire. De même une fresque du cimetière de Sainte- Agnès montre deux amours aux draperies gonflées par le vent, qui portent sur l'épaule une corbeille de raisins*. Pour les païens, les scènes de vendange

étaient le symbole de la mort prématurée, comme semble le prouver une inscription funéraire de Naples3; il est difficile de savoir si les chrétiens y attachaient le même sens. Enfin, les amours paraissent fréquemment sur les couvercles des sarcophages et servent à soutenir les cartels qui contiennent les inscriptions funéraires '.

Il faut d'ailleurs remarquer que parmi ces sujets mythologiques les chrétiens faisaient visiblement un choix et n'acceptaient guère que ceux qui avaient fini, à la suite d un long usage, par perdre toute signification.

Cependant on trouve exceptionnellement sur certains sarcophages à inscriptions chrétiennes des thèmes franchement païens, comme celui des Bacchanales ou encore les génies funèbres à la torche renversée, symbole du désespoir et de la mort éternelle*. Ces exemples nous montrent combien il était difficile à des chrétiens, même animés dune ardeur de néophytes, de s'affranchir entièrement des goûts et des modes de la société païenne au milieu de laquelle ils vivaient. Le décor mythologique s'imposait à cette époque avec une force irrésistible : on ne concevait même pas qu'il pût exister un autre art ornemental. C'est ce qui explique qu'à ses origines l'art chrétien ait dû s'incorporer bien des éléments profanes qui devaient d'ailleurs, comme nous le verrons dans la suite, se perpétuer avec des fortunes diverses au cours de son histoire.

La première manifestation de l'esprit chrétien dans l'art fut le choix de quelquesuns de ces motifs courants et d'un emploi général, à cause du sens symbolique et conforme à la pensée chrétienne qu'ils semblaient offrir. Leur répétition constante acquit la valeur d'un langage, dont le sens véritable n'était accessible qu'aux seuls initiés. Le décor pastoral et champêtre, banal à l'origine et dépourvu de sens, devint une évocation du monde céleste. La « Passion » des saintes Perpétue et

1. Dict. Archêol. chrét . II. 30, fig. 1176 (d'après Bottari).

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