ORPHÉE . L'AMOUR ET PSYCHÉ
Félicité lin du ii siècle décrit le Paradis comme un jardin magnifique planté de beaux arbres et enguirlandé de roses'. C'est sans doute ce pare délicieux, où l'âme
trouvera le repos éternel, qu'ont voulu représenter certains peintres des catacombes.
Mais surtout parmi les mythes païens quelques épisodes, qui se prêtaient facilement à l'interprétation chrétienne, ont été vite en grande faveur. L'âme qui s'envole au ciel a été mainte fois comparée à Icare : sur unv inscription funéraire du cimetière de Domililla en 1 honneur d'un enfant âgé de trois mois, le défunt est figuré avec des ailes retenues aux épaules par des sortes de bretelles2. L histoire d'Ulysse qui se fait attacher au mal de son navire et se bouche les oreilles pour mieux résister au chant des Sirènes a été reproduite sur un sarcophage chrétien : elle représente évidemment les tentations auxquelles l'âme du juste sait échapper, et le commentaire de cette scène est donné par un passage de Philosophoumena, traité dirigé contre les hérésies, attribué souvent à saint Hippolytc vers 230 : en face des fausses doctrines l'auteur recommande au fidèle de se boucher les oreilles à l'exemple d'Ulysse et de s'attacher à la croix du Christ'.
Deux mythes surtout ont semblé favorables à une interprétation chrétienne. Le premier est celui d'Orphée, le musicien merveilleux, capable d'attirer aux accents de sa lyre les animaux les plus farouches et de vaincre leur férocité. Les écrivains ecclésiastiques des premiers temps ont toujours eu une certaine sympathie pour ce personnage légendaire qui passait pour s être converti au Dieu unique et représentait d'ailleurs une tendance religieuse très différente du paganisme. Un texte célèbre, qui a donné lieu à de nombreuses dissertations, la IVe églogue de Virgile, montre la vogue des idées orphiques à Rome à l'époque de 1ère chrétienne. La morale orphique possède certaines affinités réelles avec celle du christianisme ; elle a tout au moins le sens du péché et de la purification nécessaire. Il n'est pas impossible que parmi les païens convertis au christianisme se soient trouvés des adhérents aux mystères orphiques.
Orphée était représenté sur un plafond du cimetière de Domitilla datant de la lin (ki ii" siècle". Coiffé du bonnet phrygien, vêtu d'une tunique flottante, il était assis sur une roche et jouait de la lyre, tandis qu'à ses pieds se trouvaient un cheval, un cerf, un lion, un serpent, une tortue, et que des paons venaient se percher sur les arbres environnants. La même scène figure sur un arcosolium du même cimetière et à la catacombe de Priscilla. Au m' siècle elle orne un plafond
1 Passio S.S. Perpétua et Felicilalis, n.