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L'INSPIRATION IDÉALISTE

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son savoir-faire, il subordonne tous ses efforts à l'expression de 1 idée dont il n'est que I humble serviteur.

L'art religieux n a donc cessé au xm' siècle de puiser son inspiration dans la

Fig. 171 et 172. — L'Église et la Synagogue. Cathédrale de Strasbourg, portail du transept sud.

l'° moitié du xine siècle.

théologie ^fig. 171). Son objet est toujours renseignement et il se propose avant tout de convaincre plus que d'émouvoir. Il ne fait aucune part au mysticisme et ce n'est pas au sentiment, c'est à la raison qu'il s'adresse. Il y a donc une concordance merveilleuse entre cet ait théologique et les aspirations intellectuelles de l'époque qui l'a vu naître. Or, l'idéal qui paraît avoir hanté tous les esprits du xiiic siècle est celui de l'unité ; la haine de l'anarchie féodale, l'horreur des guerres continuelles expliquent cette soif d'organisation. L'unité à tout prix et dans tous

LE SY.MIiOI.ISMK

les domaines, telle est I utopie des hommes du moyen âge qui croienl que là seulement on trouvera le salut et le bonheur. » Le genre humain, écrit Dante, a deux maîtres : le Souverain Pontife qui selon la révélation le mène à la vie éternelle, et ["Empereur quiselon la doctrine des philosophes lui assure la félicité temporelle1. » Dans le domaine intellectuel ce besoin d'unité trouve son expression dans les Universités, premier essai d'organisation de 1 enseignement encyclopédique, et dans la théologie scolaslique qu'on y enseigne. Dans la querelle des universaux le triomphe du réalisme, c'est-à-dire de la doctrine qui cherche dans les idées générales la réalité suprême, explique le caractère idéaliste qui s'est affirmé dans lait du

Phot. MartiQ-^aljoa.

Fig. 173. — Statue funéraire de Louis, fils aîné de saint Louis, •f 1260. Eglise Saint-Denis, provient de l'abbaye de Royaumont.

xme siècle. D'autre part l'aspect synthétique que présente le décor iconographique de cette époque n'est qu'une des manifestations de la tendance qui poussait les esprits à réduire toutes les connaissances à l'unité. Le xm° siècle est l'âge des encyclopédies. Vincent de Beauvais mort en 1264) donne dans sa Bibliotheca Mundi ou Spéculum majus un précis de toutes les connaissances de son temps : le Miroir naturel, le Miroir doctrinal, le Miroir historique, le Miroir moral ajouté plus tard rassemblent dans une immense synthèse toutes les disciplines alors en usage. Dans sa Somme théologique, saint Thomas d'Aquin 1227-1274 étudie en 4.000 articles toutes les questions qui intéressent la doctrine chrétienne: chaque article débute par un exposé des opinions théologiques et chaque conclusion est suivie d'une réfutation des systèmes contraires.

Entre ces gigantesques entreprises et le plan systématique auquel obéit l'iconographie religieuse du xin' siècle, il existe une harmonie certaine: un même effort

1 De Monarrhia. III, 1(5. Ed. Societa Dantesca, Florence 1921, p. 411. Cf. id . I. xv. p. 368 : « unum esse videtur radix ejus quod est bonum et multa esse ejus quod est esse malum. »

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