LE POISSON
nombre considérable de petits poissons d'ivoire, de cristal, de nacre, d émail, quelques-uns ornés de pierres précieuses; plusieurs ont la tête percée d un hou et sont destinés à être portés au cou: sur l'un deux on ;i lu l'inscription CûCAlC, v sauve-nous »'. Sur un anneau d'or on a trouvé un petil poisson en émail blanc avec les quatre lettres X0TC Ghristus . Le symbolisme eucharistique esl très clair sur une fresque de la catacombe de Lucine : derrière un poisson nageanl est placée une corbeille contenant trois pains . Le poisson est aussi représenté plusieurs fois à côté du pain eucharistique dans la « Chambre des Sacrements » cimetière de Calliste '. Sur une épitaphe de Modène, cinq petits pains timbrés de croix se trouvent entre deux poissons qui s'apprêtent à les saisir*. Une fresque conservée dans les catacombes de Syracuse montre un canthare accosté de deux poissons6. Au contraire, une autre peinture de la Chambre des Sacrements exprime une idée un peu différente : un pécheur jette sa ligne du côté d'un poisson qui nage dans la source sortie du rocher où un enfant reçoit le baptême. Le poisson s associe d'ailleurs à d'autres symboles et l'on obtient ainsi un véritable langage hiéroglyphique. S il est à côté de 1 ancre, on lit au-dessous : « Spes in Christo » ; s il est accompagné de la colombe portant un rameau d'olivier, c'est avec la formule : « In pace et in Christo ». Parfois il nage à côté d un navire ou même il le porte sur son dos, comme le Christ soutient son Eglise. Les monuments primitifs du christianisme oriental nous apportent le même témoignage : les poissons sont souvent sculptés sous les arcades qui décorent les sarcophages isauriens du m" siècle étudiés par miss Margaret Ramsay ; ils ornent en particulier le saixophage d'un évêque qui est désigné par le titre, en usage dans les premiers siècles, de « pape », et ils sont associés à la vigne7. On peut dire que le poisson est le symbole le plus répandu dans les monuments chrétiens primitifs. Malgré les tentatives que l'on a faites pour expliquer son origine par 1 influence de cultes étrangers, il semble bien que ce symbole, si bien adapté au langage mystique, soit une création proprement chrétienne.