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de la nouvelle Eve, au-dessus de la chute de nos premiers parents '. La généalogie (arbre de Jessé . et l'histoire de l'Enfance du Christ et de la mort de Marie occupenl les voussures, le linteau et 1rs pieds-droits, Le groupe admirable de la Visitation avec ses figures d'une beauté idéale et la noblesse de ses draperies, plus savantes que celle des statues voisines, soulève un problème archéologique encore mal résoin fig. 170 : elles appartiennent à un atelier où la copie directe de 1 antique avait été poussée jusqu'à une maîtrise qui l'ait songer aux plus belles œuvres île la Renaissance.
Les autres statues révèlent des maîtres de tempérament tout à fait opposé. Les délicieuses Vierges de l'Annonciation et de la Présentation sont admirables par l'expression de foi qui se dégage de leur physionomie et par la modestie et la simplicité de leur attitude. Au contraire, la Vierge du trumeau fig. 208) si voisine par son style de la Vierge dorée d Amiens, et la reine de Saba adossée à un contrefort reproduisent les traits et le costume des grandes dames du xiue siècle ; ici la note mondaine se substitue au sentiment religieux et cette nouvelle inspiration est encore mieux marquée dans les statues, aux figures si spirituelles et presque narquoises de saint Joseph et de la propbétesse Anne qui assistent à la scène de la Présentation, ainsi que dans les
visages souriants des deux anges, aux têtes trop petites, placés, l'un au portail central. en face de la Vierge de l'Annonciation, l'autre au portail nord, à la gauche de saint Nicaise. (C'est le célèbre sourire de Reims. On sent que les auteurs de ces belles statues se sont préoccupés surtout de reproduire les traits physiques et d'exprimer les qualités morales de leurs modèles champenois : le programme de décoration religieuse à 1 exécution duquel ils devaient contribuer n'a été pour eux que l'accessoire.
g. 192. — Cathédrale de Reims. Tympan de l'arcade accostant le portail nord, vers 12S5.
Bas-reliefs : Invention de la Croix par sainte Hélène.
Statues : Tentation du Christ.
1. C'est la première fois que la statue de la Vierge occupe le trumeau du portail central.
I \ GB \M'i: FAÇADE DE REIMS
A l'intérieur de la cathédrale le même programme avait inspiré la décoration itraux anéantis par le bombardement de 1914. La rose septentrionale représentait la création du monde et la chute de l'homme; à l'abside, le Christ en croix était entouré des apôtres et des évangélîstes : à la rose sud, Jésus triomphant trônait au milieu des apôtres: la rose occidentale glorifiait la Vierge entre les anges, les rois et les patriarches.
Fig. 193. — La Présentation au Temple. Cathédrale de Reims. Portail central. )2" moitié du xme siècle.)
En outre, le rôle spécial de la cathédrale de Reims, destinée au sacre des rois de France, était indiqué par les portraits des rois et des archevêques qui ornaient les vitraux. A la façade occidentale, d'autre part, toute la sculpture des parties hautes l'orme une glorification de la monarchie française. Le couronnement de Marie, placé au gable central, est comme limage céleste de l'auguste cérémonie qui se déroule à chaque avènement sous les voûtes de la basilique. Les statuettes de la voussure qui abrite la grande rose et les groupes de grandes statues placées plus haut évoquent les ligures de David et de Salomon; non seulement ils sont là comme des modèles que 1 Eglise propose aux souverains, mais les épisodes choisis
l'OKTAII.S DE IMIlïA
dans leur histoire sont justement ceux auxquels la préface, chantée par l'archevêque de Reims avant l'onction royale, faisait allusion. De même au second étage le groupe contrai du Baptême de Clovis n'est que I illustration de la prose chantée par le chœur pendant qu'avaient lieu les onctions. Enfin, les cinquante-six statues loyales placées de chaque côté de cette scène représentent la série des rois de France, telle qu'on pouvait la dresser au xiv siècle d'après les catalogues dynastiques officiels1.
A Rouen, la façade occidentale comprend deux portails de la fin du xuc siècle- (vies de saint Jean-Baptiste et de saint Etienne , et le portail du xvi siècle où
Phot. MartiD-Sabon.
Fig. 194. — Portail latéral du croisillon nord de la cathédrale de Reims, fin du xm'; siècle.
Le sein d'Abraham.
Desaubeaux a sculpté un arbre deJessé. Au contraire le portail de la Calende. au transept sud. et le portail des Libraires, au nord, sont contemporains de la façade de Reims et développent le même thème". A la Calende. un récit détaillé de la Passion avec le Crucifiement au sommet orne le tympan; les voussures sont remplies par les martyrs ; le Christ bénissant se présente au trumeau entre les apôtres. Le portail des Libraires montre au tympan le Jugement Dernier3 et sur les médaillons des gables on aperçoit un motif nouveau, celui du Christ en croix soutenu par le Père. Des statues de martyrs et de vierges sont adossées aux pieds-
1 V. L. Bréhier. La façade de la cathédrale de Reims et la liturgie du sacre séances de l'Académie des Inscriptions, mars 1915'. Les galeries des rois et les catalogues dynastiques (id.. février 1916 . La Cathédrale de Reims, Paris, 1916, p. 130-134. L'histoire de France à la façade de la cathédrale de Reims Revue Historique, juillet 1916).