Borne. Collection Sterbini
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Mais ces accents nouveaux, celte recherche de I émotion sincère el âîe la réalité pittoresque n ont pas inspiré seulement les peintres di' la vie dii sainl François^ ils ont contribué aussi à renouveler toute I iconographie religieuse. S il paraît imposa sihK' que Giotto ait connu les Méditations lorsqu il exécuta en 1305 les fresques de la Chapelle de l'Arena à Padoue, l'influence du milieu Franciscain dont ce livre n'est qu une expression, ne s'y Fait pas moins sentir dans chaque composition.
Fig. 200. — Jacques Torriti. Le Couronnement de la \ îerge. Mosaïque absidale de Sainte-Marie Majeure à Rome [1296 . D'après Bertaux, Raine. Il, p >SG.
A droite de la Vierge, saint Pierre, saint Paul, saint François d'Assise. — A gauche du Christ, saint Jean- Baptiste, sainl .Iran l'Évangéliste, saint Antoine de Padoue. — En avant des anges, le pape Nicolas I\ et le cardinal Jacques Colonna.
Le décor des scènes religieuses est entièrement modifié. Bien que les trécentistes italiens aient conservé dans une large mesure les thèmes de l'ancienne iconographie, ils ont réussi à remplacer les altitudes et les paysages de convention par des portraits vivants et des représentations réelles; parfois même, bien que 1 anachronisme ait été leur méthode favorite, ils ont recherché la couleur locale. Dans le Crucifiement de saint Pierre de la basilique supérieure d Assise, attribué à Cimahue. on aperçoit deux monuments de Romeantique, la pyramide de Cestius et le phare de Néron, qui sont des reproductions assez fidèles des vestiges vus par Fauteur. Il n'est même pas impossible que les nombreux rapports des franciscains avec la Terre Sainte, où ils sont établis gardiens du Saint-Sépulcre en 1328.
LE SKNS PITTORESQUE
aient eu pour résultat de mettre ;ï la disposition clos artistes des documents précis : c est ce qui expliquerait le grand nombre de traits empruntés au paysage oriental, palmiers, caravanes, maisons arabes, costumes que Ton trouve dans les tableaux de cette époque1, comme ceux des guerriers mongols aux nattes pendantes qui figurent dans certaines Crucifixions.
Les peintres ont cherché surtout à replacer les épisodes du passé dans le milieu même qu'ils avaient sous les yeux. Par exemple la Présentation au Temple de Giotto, à Assise, a pour décor une église gothique avec un autel, derrière lequel on aperçoit l'Arche d'alliance, en forme de chasse supportée par une grosse colonne. De même dans la scène des Rameaux.
Duccio remplace la porte de ville conventionnelle qui indiquait Jérusalem par une vue de Sienne avec ses murs crénelés, audessus desquels on aperçoit les coupoles de ses églises et les tours qui dominent ses maisons à loggias- (fig. 201). Ou bien Simone di Martino imagine de faire porter par des saints au-dessus de la tête de la Vierge le dais aux armes de Sienne qui servait aux jours de fête pour les grandes processions ; le reposoir même sur lequel trône la Madone, avec des anges à genoux effeuillant des roses dans des coupes de cristal, est la reproduction d'un décor réel'. La viedes saints est racontée de la même manière : Simone di Martino montre saint Martin armé chevalier par l'empereur Julien qui lui ceint l'épée pendant qu'un page lui attache les éperons et que deux autres serviteurs tiennenl le heaume et le faucon4. Le décor abstrait et conventionnel fait donc place à la réalité.
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Fig. 201. — Duccio. Entrée de Jésus à Jérusalem Sienne, Musée (le la cathédrale.
1 L. Gillet, op. cit., p. UiS. L'auteur des Méditations invoque cette source de renseignements (ch. xvn Voir les faits nombreux réunis par G Soulier. Les influences orientales dans la peinture toscane. Paris. 1925