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LA VIERGE DE TENDRESSE

tous assis derrière une longue table à l'exception de Judas qui leur fait face et que Ion reconnaît à l'absence du nimbe autour de s;i tête (milieu du siècle .Tout à Fait dans l'esprit de pseudo-Bonaventure, Pietro LorenzettiS dans la basilique inférieure d'Assise, montre, à gauche de la salir du Cénacle, (a cuisine où I on préparé les mets avec un serviteur à genoux près de làlrc. essuyant une assiette, tandis qu'un fcbieri mange les restes et qu'un chai sommeille paisiblement fig. 202 .

C esl aussi à cette époque que l'Ange de l'Annonciation plie le genou en se présentant devant Marie. Nous avons signalé le premier exemple de celle attitude sur un pilier roman, au cloître de Silos Vieille Castille), mais il demeure isolé jusqu à la première moitié du xiv" siècle et c'est alors seulement que la peinture italienne adopte celle formule2 cl qu'on la trouve sur un portail de la cathédrale de Meaux. Il esl difficile d vu découvrir l'origine : dans les Méditations l'auge s incline d abord et c'est Marie qui plie le genou, puis, à la fin du dialogue l'ange et la Vierge s agenouillent en même temps pour adorer le Verbe divin, (.est dans cette altitude que Giotto lésa représentés de chaque côté de lare triomphal dans la chapelle de l'Arena 1305 .

De même, la figure théologique de la Viergede majesté l'ail place à la Madone souriante, pleine d une tendre sollicitude pour son nourrisson. Parfois elle lui donne le sein en se penchant sur lui avec un geste plein de naturel3, ou bien elle approche sa joue de la léte de 1 enfant mutin qui lui tend ses petits bras''. Jésus n'a plus la gravité que lui prêtait l'art théologique; c esl un délicieux bébé gras et potelé, presque nu dans les langes où sa mère le tient enveloppé. Sur l'autel porlalil de la collection Slerhini. daté de 1318, une Vierge souriante tient un enfant qui ouvre les bras d étonncmenl devant le bel oiseau que lui présente saint Joseph*. Tout l'esprit des Méditations se révèle dans cette jolie scène.

Ainsi les ligures du monde céleste se sont rapprochées de I humanité et l'on en vient à représenter les hommes au milieu d'elles. Nous avons vu les saints franciscains au pied de la croix de Golgotha : ils assistent de même au couronnement de la Vierge sur la mosaïque absidale de Sainte-Marie Majeure exécutée en 1290 par Jacques Torriti (fig. 200 . De simples fidèles, des donateurs ne tardent pas à intervenir dans les mêmes scènes, et nombreux déjà sont ceux qui se font présenter à la Vierge par leurs patrons.

1 Peintre sienuois mort en 1350.

2 Simone di Martino de Sienne mort eu 1344] : rétable de la cathédrale d'Orvieto, tableaux du Musée des Offices ;. Florence A Michel. Histoire de l'art, II, 817, i\g. 259) et du musée d'Anvers (Venturi. Storia dell arte italiana, t V, (127, Gg 512

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