Ambrogio Lorenzetti. Sienne, église Sun Francisco
4 Florence, Académie des Beaux-Arts, mu' siècle.
5 Rome, collection Sterbiui. Venturi, Storia dell'arte itàl . , V, 117. fig. 93.
LA CRUCIFIXION
La figure originale de la Vierge protectrice ou Vierge de miséricorde, qui abrite des foules entières sous 1rs plis d un ample manteau, csi aussi une création de ce temps. 1. histoire de ses origines est complexe : une vision du moine cistercien Césaire d Heisterbach en fournit le thème1, mais I idée du manteau protecteur est plus ancienne : un texte byzantin i\\i ix' siècle nous montre un s;i i n i abritant sous son manteau it\\ homme et une femme accusés faussement d hérésie manichéenne et qui avaient eu recours à sa protection . Un missel italien de la bibliothèque de Clermont écrit en 1252 au monastère dominicain de Sainte-Sabine, à Rome. montre dans une initiale enluminée, au début de la l'été de la Toussaint, le Christ lui-même abritant tous les saints sous son grand manteau de pourpre . L'idée du manteau protecteur est donc depuis longtemps un thèmecouranl et la Vierge byzantine d'intercession dont l'icône était conservée à I églisedes Blachernes de Gonstantinople relevait de ses deux bras en croix les pans d un vaste manteau ' : bien plus, dans I un des oratoires des Blachernes on conservait un o maphorion >> ou manteau qui passait pour avoir appartenu à Marie et était considéré comme le palladium de la cité". Tels sont les antécédents qui ont pu déterminer la création de la Vierge au manteau, mais cette image n'en est pas moins nouvelle dans l'art et l'originalité consista à abriter sous les plis protecteurs les confréries pieuses qui avaient choisi Marie pour patronne6.
G est bien enfin de l'inspiration franciscaine que provient la prédilection du Trecento pour les thèmes de la Passion. Il ne s'agit plus désormais d en atténuer 1 horreur sous les dehors du dogme, mais de les montrer au contraire dans leur réalité pleine d'angoisses. Le pseudo-Bonaventure, qui n ignore aucun détail, affirme que le Christ a été crucifié avec trois clous et non avec quatre, comme on se l'imagine. Or, c'est justement au xinc siècle qu'apparaît la nouvelle figure du Crucifié, les deux pieds croisés l'un sur l'autre et attachés par un seul clou. Dans l'iconographie ancienne les membres du Christ étaient fixés par quatre clous et ses pieds reposant sur une planchette permettaient au corps de conserver l'attitude verticale lig. 139). Il y avait une certaine grandeur dans cette conception de Jésus gardant sur l'instrument de son supplice toute la majesté d'un Dieu et. comme pour mieux marquer ce caractère, la couronne royale